3 min de lecture États-Unis

États-Unis : l'ère Trump entame sa première vague d'opérations anti-clandestins

Plusieurs foyers d'immigrés clandestins de Chicago, Los Angeles, et New York ont été ciblés par les autorités américaines.

Une vue aérienne du centre-ville de Los Angeles
Une vue aérienne du centre-ville de Los Angeles Crédit : Daniel SLIM / AFP
Ambre Deharo
Ambre Deharo
et AFP

La vague d'actions contre les immigrés clandestins a débuté. Aux États-Unis, la semaine dernière, les autorités ont arrêté et expulsé plusieurs centaines de sans-papiers considérés comme prioritaires, lors d'opérations qualifiées de routinières. Ces opérations sont les premières de la sorte menées sous l'administration Trump, et ont provoqué la panique dans les différentes communes d'immigrés. Menées par l'agence fédérale ICE (Immigration and Customs Enforcement), elles ont ciblé des foyers d'immigrés clandestins se trouvant principalement dans les villes de Los Angeles (Californie), Chicago (Illinois), New York et Austin (Texas), toutes des villes dites "sanctuaires". 

"Les objectifs de ces opérations ne diffèrent pas des arrestations ciblées et de routine conduites quotidiennement par les équipes de recherche de fugitifs", a déclaré Jennifer Elzea, porte-parole de l'ICE. Aucune donnée officielle quant au nombre total d'arrestations n'a été livrée par l'administration du nouveau président américain. Cependant, selon le quotidien Washington Post, ce chiffre s'élèverait à plusieurs centaines, le directeur local de l'ICE de Los Angeles, David Marin, a indiqué de son côté aux journalistes que quelque 160 individus avaient été arrêtés, dont 75 % ont déjà fait l'objet de condamnations lourdes. Le 10 février au soir, quelque 37 immigrés clandestins avaient déjà été expulsés en direction du Mexique.

Vague d'indignation démocrate

Dans un décret signé le 25 janvier dernier, Donald Trump a demandé à ce que les expulsions prioritaires de sans-papiers concernent les individus ayant un casier judiciaire ou accusés de délits. "Les articles faisant état de barrages routiers ou d'opérations au hasard sont faux, c'est dangereux et irresponsable", a dénoncé David Marin selon les propos rapportés par le Los Angeles Times, précisant que ses services menaient régulièrement ce genre d'opérations ciblées. Les dernières avaient eu lieu en juillet 2016 et août 2015. Malgré ces précisions, les arrestations, qui visaient pour la plupart des lieux d'habitation ou de travail, ont déclenché une vague d'indignation chez les élus démocrates dans les régions concernées, notamment à Los Angeles, où vivent près d'un million d'immigrés clandestins, selon les chiffres du Pew Research Center. La population de sans-papiers dans le pays étant estimée à 11 millions d'individus.

Des opérations similaires ont été menées à Austin au Texas, où vivent quelque 100.000 sans-papiers. La vidéo d'un individu interpellé au volant de son véhicule a fait la une des médias outre-Atlantique. L'élu local à la chambre des Représentants, Joaquin Castro, a confirmé le lancement de ces opérations coordonnées dans le sud et le centre du Texas. "J'ai demandé aux autorités de clarifier si ces individus posent effectivement une menace dangereuse et violente pour nos villes et ne sont pas là pour simplement (...) apporter leur contribution à notre État", a déclaré l'élu. 

Le précédent de l'ère Obama

À lire aussi
Une image de la police américaine (Image d'illustration) États-Unis
Californie : une fusillade lors d'une soirée fait au moins 4 morts

Des actions similaires, baptisées "Cross Check", avaient été menées sous l'administration Obama à six reprises. L'une d'elles, en mars 2015, avait conduit à l'arrestation de plus de 2.000 sans-papiers, considérés comme des "menaces à l'ordre public". Cependant, afin d'épargner les familles, Barack Obama avait mis la priorité sur l'expulsion de sans-papiers ayant été condamnés pour des crimes graves ou délits répétés, tels que des violences, viols, appartenance à des gangs ou pornographie pédophile. Le décret signé par Donald Trump va cependant plus loin, ne faisant pas la distinction entre délit et crime, et en se concentrant également sur les individus soupçonnés ou poursuivis, et non plus uniquement les condamnés. 

C'est ainsi que Guadalupe Garcia de Rayos, 36 ans, a été arrêtée le 9 février lors d'une convocation de routine dans les bureaux des services de l'immigration à Phoenix. Cette mère de famille, arrivée aux États-Unis à l'âge de 14 ans, avait été condamnée il y a près de dix ans pour usage de faux document et devait être expulsée. Elle avait toutefois bénéficié de l'indulgence des autorités. Une expulsion très médiatisée aux États-Unis, qui a conduit le ministère mexicain des Affaires étrangers à demander à ses ressortissants à "prendre des précautions et à rester en contact avec le consulat le plus proche pour recevoir l'aide nécessaire face à une situation de ce type".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Immigration Donald Trump
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants