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États-Unis : Donald Trump décide de retirer les troupes américaines de Syrie

"Il est temps de rentrer", a déclaré mercredi 19 décembre le président américain, qui estime que l'État islamique a été vaincu.

Donald Trump au G7
Donald Trump au G7 Crédit : SAUL LOEB / AFP
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Félix Roudaut
et AFP

Une fois de plus, la décision prise par Donald Trump est unilatérale. Le président des États-Unis a ordonné, mercredi 19 décembre, le retrait des troupes américaines stationnées en Syrie, estimant avoir vaincu l'État islamique. Cette annonce surprise, qui transforme en profondeur le rapport de force en Syrie, où la Russie est à la manœuvre, a été faite dans une certaine confusion, renforçant l'image d'un président isolé sur ce dossier au sein de son administration.

Quelque 2.000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre le groupe État islamique et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes. Ces derniers mois, de hauts responsables militaires américains ont multiplié les mises en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar al-Assad, à savoir la Russie, grande rivale des États-Unis, et l'Iran, véritable bête noire de l'administration Trump.

"Il est temps de rentrer"

"Nous avons gagné contre le groupe EI, il est temps de rentrer", a lancé Donald Trump dans une courte vidéo postée sur son compte Twitter. "Nos garçons, nos jeunes femmes, nos hommes, ils rentrent tous, et ils rentrent tous maintenant". Quel est le calendrier exact de redéploiement ? Toute la journée, la Maison-Blanche et le Pentagone se sont renvoyés la balle, sans fournir la moindre date.

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Cette annonce pourrait placer dans une situation très difficile la milice kurde YPG, qui se bat avec l'appui de Washington contre les jihadistes du groupe EI dans le nord de la Syrie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois menacé lundi de "se débarrasser" de cette milice si son parrain américain ne la contraignait pas à s'en retirer. Ankara considère cette dernière comme une organisation "terroriste" liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu'Israël, informé par avance par les États-Unis, allait étudier les retombées d'un retrait américain de Syrie mais "saurait se défendre" contre les éventuelles menaces venues de chez son voisin. Israël a mené des dizaines de frappes en Syrie depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays en 2011.

Donald Trump l'a martelé sur les estrades de campagne : il estime que l'engagement des États-Unis au Moyen-Orient coûte des milliards de dollars qui seraient mieux dépensés au profit du contribuable américain, et qu'il faut laisser d'autres acteurs, notamment les pays arabes du Golfe, faire le travail sur place. Mais plusieurs membres de son administration ont exprimé leur net désaccord sur ce dossier sensible.

"Énorme erreur"

La semaine dernière encore, l'émissaire des États-Unis pour la coalition internationale antijihadistes Brett McGurk assurait que les Américains avaient vocation à rester encore pendant un bon moment en Syrie. "Même si la fin du califat en tant que territoire est maintenant clairement à portée de main, la fin de l'EI prendra beaucoup plus longtemps", avait-il dit devant la presse à Washington.

À plusieurs reprises, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a lui aussi mis en garde contre un départ précipité de Syrie, évoquant le risque de "laisser un vide qui puisse être exploité par le régime Assad ou ses soutiens". 

Dans le camp républicain, nombre d'élus ont vivement regretté cet arbitrage soudain du 45e président des États-Unis. "Les généraux du président n'ont pas la moindre idée d'où est venue cette décision", a souligné le sénateur conservateur Ben Sasse dans un communiqué cinglant. Pour son collègue Marco Rubio, cette décision, prise en dépit de mises en garde "quasi-unanimes" de la part des militaires, est tout simplement une erreur "qui hantera l'Amérique pendant des années".

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"Il est temps de rentrer", a déclaré mercredi 19 décembre le président américain, qui estime que l'État islamique a été vaincu.
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2018-12-20 04:48:00
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