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États-Unis : Donald Trump accusé d'incitation à la violence contre une élue musulmane

Dans un tweet, le président américain a associé des propos d'Ilhan Omar aux images des attentats du 11-Septembre, provoquant la colère des démocrates.

Donald Trump, le 5 septembre 2018 à Washington
Donald Trump, le 5 septembre 2018 à Washington Crédit : NICHOLAS KAMM / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

Pour les démocrates, Donald Trump est allé trop loin. Après une vidéo postée sur son compte Twitter visant une élue musulmane, la présidente démocrate de la Chambre des représentants a demandé à la police du Capitole de revoir la sécurité d'Ilhan Omar, celle de sa famille et de son équipe, indiquant que les forces de l'ordre continueraient à "surveiller et répondre aux menaces auxquelles elle fait face". 

"Les mots du président pèsent énormément et sa rhétorique haineuse et incendiaire crée un véritable danger", a tonné Nancy Pelosi dimanche, dans un communiqué, exhortant le président à "retirer sa vidéo dangereuse et irrespectueuse". 

Vendredi 12 avril, Donald Trump avait publié cet extrait où il associait des propos tenus par Ilhan Omar, l'une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, aux images des attentats du 11-Septembre. 

Accusée d'avoir minimisé les attentats du 11-Septembre

Il faisait référence aux récentes déclarations de l'élue du Minnesota. S'exprimant en mars dernier devant le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), la représentante du cet état à la Chambre basse avait alors estimé que l'organisation avait été fondée après les attentats du 11-Septembre "parce qu'ils reconnaissaient que certaines personnes avaient fait quelque chose et que chacun d'entre nous commençait (de ce fait) à perdre accès à nos libertés citoyennes". Des conservateurs avaient alors accusé Ilhan Omar de minimiser, par sa formulation, l'attaque la plus meurtrière sur le sol américain. 

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CAIR a en fait été fondée en 1994 et non après les attaques du 11 septembre 2001 comme indiqué par Ilhan Omar. Cité par le Washington Post, son porte-parole explique qu'elle s'est mal exprimée et voulait dire que l'organisation avait vu ses effectifs doubler après le 11-Septembre.     

C'est répugnant. C'est scandaleux

Elizabeth Warren, sénatrice démocrate candidate à l'élection présidentielle
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Mais la vidéo postée par le président républicain et visionnée plus de 9 millions de fois deux jours plus tard a suscité un torrent de réprobations du côté démocrate. "Le président incite à la violence contre une membre du Congrès en exercice - et un groupe entier d'Américains en fonction de leur religion. C'est répugnant. C'est scandaleux", a par exemple tweeté la sénatrice candidate à l'élection présidentielle, Elizabeth Warren. "La vie d'@IlhanMN est en danger", a aussi réagi la jeune élue de la Chambre des représentants Alexandria Ocasio-Cortez

De son côté, la porte-parole de Donald Trump a assuré sur la chaîne Fox News qu'il "n'essaie pas d'inciter à la violence contre quiconque". "Le président ne souhaite assurément aucun mal ni aucune violence contre personne, mais (il) doit absolument rappeler à l'ordre la membre du Congrès pour, non pas un seul, mais de nombreux commentaires antisémites", a ajouté Sarah Sanders dit sur ABC. 

Ilhan Omar également visée pour des propos antisémites

Sarah Sanders semblait faire ici référence à une autre polémique impliquant Ilhan Omar après de récents commentaires sur Israël jugés antisémites par de nombreux élus, y compris dans le camp démocrate. Elle avait sous-entendu que des élus américains soutenaient Israël par intérêt financier. Elle s'était ensuite excusée publiquement. 

"Merci de vous tenir à mes côtés - contre une administration qui cherche à bannir les musulmans de notre pays - dans le combat pour l'Amérique que nous méritons", a réagi sur Twitter Ilhan Omar, réfugiée somalienne, à la suite de la vidéo postée par le président républicain. "Personne - peu importe à quel point il est corrompu, incompétent ou vicieux - ne peut menacer mon amour inconditionnel pour l'Amérique", a ajouté l'élue de 37 ans.

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