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En Irak, à la recherche des flamants roses

Partons en Irak, à la recherche des flamants roses, une espèce braconnée qui suscite beaucoup de convoitises. Un grand reportage à lire dans le magazine "Causette".

Des flamants roses en Camargue (Illustration)
Des flamants roses en Camargue (Illustration)
Crédit : AFP / Archives, Gérard Julien
La Revue de Presse du 23 mars 2021
03:23
La Revue de Presse du 23 mars 2021
03:23
Isabelle Choquet

Une étrangeté gracieuse aux couleurs de l’aube, qui suscite beaucoup de convoitises. Dans la province marécageuse de Maysan, au sud-ouest de Bagdad, l’espèce est braconnée. J’ai lu ça dans le magazine Causette.

Direction le marché aux oiseaux d’Al Amara, la capitale de Maysan. Imaginez, la foule qui se presse dans les rues étriquées, des motos, des vélos, des chariots qui s’entrechoquent. Et  pour la bande-son, des piaillements sur tous les tons.

Chaque matin, les marchands vous proposent des oiseaux par centaines, morts ou vifs. Des volatiles vendus pour leur chair, leurs plumes ou leur élégance. Le flamant rose, c’est un peu tout ça à la fois. Un animal décoratif mais aussi un plat très apprécié dans les campagnes.

Pourtant, vous n’en trouverez pas au marché, en tout cas pas sur les étals. L’espèce est protégée, comme tous les oiseaux migrateurs. Mais plus que la peur du gendarme, les marchands redoutent le bad buzz sur les réseaux sociaux. 

Entre 17 et 22 euros la paire

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En 2016, des images de flamants roses enfermés, ligotés ou décapités ont circulé sur Facebook, tout le pays s’était indigné. Alors depuis, ça se vend sous le manteau. Il ne faut pas longtemps pour qu’on vous en propose, comme une drogue illicite. Mustafa donne rendez-vous chez lui.

Chez lui, c'est une banlieue pauvre, une bâtisse en brique. Dans la cour, une volière pleine de perruches. Sur le toit, un enclos qui abrite une poignée de gharnouks, le nom irakien des flamants roses. 

"Je les vends par paire, dit-il, entre 30 000 et 40 000 dinars, (entre 17 et 22 euros). Les gens riches les veulent vivants pour décorer leur jardin ou les ajouter dans leur zoo privé, dit Mustafa. J’ai beaucoup de clients étrangers, comme des Saoudiens, des Qataris et surtout des Koweïtiens".

Mustafa en vend jusqu'à dix paires par mois en période migratoire, c'est-à-dire d’octobre à février. Ça met du beurre dans les épinards car nous sommes dans la région la plus pauvre d’Irak, la plus analphabète aussi.

Les clients ne manquent pas. Comme Ahmed, ingénieur, très fier de sa petite propriété. Sur un rectangle de pelouse, une petite fontaine kitsch éclairée par des néons roses et dans la pénombre, deux silhouettes élancées. 

"J’en voulais depuis longtemps, dit-il, c’est un très bel oiseau à mettre dans son jardin". Les flamants ne s’enfuient pas. Dans ce petit espace, ils n’ont pas assez de place pour s'envoler. Et de toute façon, la plupart du temps, les braconniers mutilent leurs ailes avant de les vendre. 

Des milliers d'oiseaux capturés chaque année

Beaucoup d'oiseaux viennent de Sheeb, un grand lac artificiel à la frontière iranienne. Les braconniers y tendent des pièges aux flamants qui viennent se nourrir. Ils en capturent des milliers chaque année. 

La police est démunie, il y a 8000 km2 de marécages à couvrir. Ici tous les trafics se croisent, la drogue, les armes, les oiseaux. Le reporter de Causette a essayé de se rendre sur place, il est tombé sur quatre braconniers. L’un d’eux est venu  à sa rencontre, une hache dans sa main droite, un autre agitait deux pistolets. Circulez, y’a rien à voir. 

"La viande de flamant n’est pas la meilleure, disent les femmes du coin, mais elle n’est pas chère. En revanche, la cervelle est un mets raffiné extrêmement recherché". Ici, en fait, on croise deux genres de braconniers: les historiques, ils chassent de temps en temps, à la papa, pour joindre les deux bouts. Et "les vrais trafiquants", qui braconnent de manière quasi industrielle. 

Certains vont jusqu’à creuser des étangs artificiels à coups de pelleteuse, ils y cachent de gigantesques filets et des appâts et ils capturent des centaines d’oiseaux à la fois. "C’est un paradis menacé de toutes parts", dit un ornithologue. 

Le vol sans retour des flamants roses. Un grand reportage à lire dans le magazine Causette.

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