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Vers un dépeuplement inédit dans l'Histoire à partir de 2050 ?

ÉCLAIRAGE - Dans les décennies à venir, ce n’est plus la surpopulation mais la dépopulation qui menacera la planète.

Paris presque vide
Paris presque vide
Crédit : Ludovic Marin / AFP
Vers un dépeuplement inédit dans l'Histoire à partir de 2050 ?
03:53
La Revue de Presse du 19 mars 2021
03:53
Isabelle Choquet

On nous rebat les oreilles avec la surpopulation. La bombe démographique qui menace de nous exploser à la figure, 220.000 terriens de plus chaque jour, 10 milliards d’êtres humains à l’horizon 2050. Les scientifiques, les ingénieurs se creusent le ciboulot pour imaginer des moyens de nourrir et loger tout ce monde. Mais ce ne sera pas le seul défi de ce siècle. Car après le pic des années 2050, le scénario s’inverse. Celui du grand déclin. C’est ce que nous apprend le magazine Sciences et Vie.

C’est l’université de Washington qui a mis les pieds dans le plat il y a quelques mois : selon ses calculs, d’ici à 2100, une vingtaine de pays vont perdre la moitié de leur population, l’Italie, l’Espagne, le Japon par exemple. Une trentaine d’autres pays vont subir des pertes de 30 à 50%. La Chine tomberait ainsi à 732 millions de citoyens “seulement”, si on peut dire. Elle serait dépassée par le Nigéria. Vers la fin du siècle, la Terre compterait encore 9 milliards d’habitants, grâce à la natalité africaine. Mais ensuite, le déclin serait rapide et inexorable.

Partout dans le monde, la fécondité recule

Evidemment, 2100, c’est loin. Mais pour autant, les projections américaines ne sont pas complètement lunaires. Rien à voir avec d’éventuelles pandémies meurtrières, le réchauffement ou la pollution. Non, c'est un simple constat démographique : partout dans le monde, la fécondité recule. En 2100, la quasi totalité des pays auront un taux de fécondité inférieur au seuil de remplacement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme, c'est le minimum. 

Cela fait deux siècles environ que le modèle traditionnel de forte fécondité et forte mortalité a commencé à céder la place au régime moderne, on fait peu d'enfant et on vit vieux. Aujourd’hui, le mouvement a gagné les cinq continents. Le problème, c’est que ça ne s’arrête plus ! En Iran par exemple, on est passé de 6 enfants et demi par femme au début des années 80 à 1,8 seulement. L’Italie, la Grèce, le Portugal sont à 1,3. C’est même moins de 1 en Corée du Sud. En comparaison, la France, à 1,84, apparaît comme le  pays des bébés. Plus que certains états du sud de l’Inde.

Cela c’était avant. Dans plusieurs pays déjà, le problème c’est le déclin démographique. Chaque année, le Japon perd environ 500.000 habitants. En Russie, en Iran, en Turquie, on voit refleurir les politiques natalistes. Face à ce phénomène inédit, les scientifiques sont perplexes. Et pas forcément très optimistes. 

Moins de naissances équivaut à moins de futures femmes

Certains affirment carrément qu’on pourrait ne jamais en sortir. Car moins de naissances, c’est moins de futures femmes et des femmes habituées au modèle moderne. Il suffit de regarder la Chine : la politique de l’enfant unique a été abandonnée en 2015 mais sans effet, les mentalités ont changé, le pli est pris. Et puis pour inverser la tendance, il faudrait de vraies politiques familiales, des congés parentaux, des crèches. Ce n’est pas gagné. 

Faut-il s’inquiéter? Peut-être pas. C’est vrai, le dépeuplement, ça signifie qu’on va vers des sociétés de vieux, pas très dynamiques. Les prévisions font peur : à la fin du siècle, le monde compterait 2 milliards 3 de plus de 65 ans, contre 1 milliard 7 seulement de moins de 20 ans. Mais au 21e siècle, le dépeuplement ce n’est pas forcément le déclin.

Ce sont des travailleurs mieux éduqués, mieux payés, plus productifs. Des progrès scientifiques. Bref, la qualité plutôt que la quantité. Et puis surtout, c’est une lapalissade, c’est la fin des problèmes liés au surpeuplement : moins de pression sur l’environnement, moins de criminalité, moins de guerres même. Eh oui, les sociétés vieillissantes privilégient les dépenses de santé plutôt que les budgets militaires. "Ce sera en fait une chance pour la paix”, dit un chercheur. 

Et si la planète se vidait ? Article très intéressant à lire dans Sciences et Vie.

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