2 min de lecture Justice

En Espagne, "Big Brother" dans le viseur de la justice, après le viol d'une candidate

Après le viol présumé d'une candidate de télé-réalité devant les caméras en 2017, de nouveaux éléments accablent la réaction de la production aux moments des faits.

Logo de l'émission de télé-réalité "Gran Hermano", version espagnole de "Big Brother".
Logo de l'émission de télé-réalité "Gran Hermano", version espagnole de "Big Brother". Crédit : Capture d'écran
Photo-Thomas-Pierre
Thomas Pierre Journaliste

L'affaire secoue l'Espagne depuis 2017. À l'époque, une candidate de l’émission de télé-réalité Gran Hermano, version locale de Big Brother diffusée sur Telecinco, avait porté plainte contre un autre candidat du programme pour viol. Alors que Carlota Prado était sous l'emprise de l'alcool et inconsciente, José María López aurait en effet abusé d'elle, sous les yeux des caméras...

En novembre dernier, le journal El Confidencial révélait que la jeune femme avait découvert qu'elle avait été abusée à l'occasion d'une séquence dans le confessionnal, la pièce où les candidats viennent être interviewés quotidiennement, quand la production lui avait demandé de commenter les images du viol présumé. "Il aurait dû y avoir à mon côté une psychologue ou quelqu'un qui m'aide à faire face à ces images si dures. Ils ne m'ont jamais demandé si je voulais voir ça… J'aurais dit non", confiait-elle alors. 

L'affaire devrait arriver devant la justice espagnole dans les prochains jours, rappelle le Monde, mais de nouveaux éléments publiés le 2 mars par El País, viennent accabler un peu plus les comportements des producteurs de l'émission. Le quotidien a en effet eu accès aux auditions des responsables de la production devant le juge d'instruction. 

"C'était du contenu pour nous"

Une fête vient d'avoir lieu ce soir du 3 novembre 2017. Pour l'occasion, la production a copieusement arrosé les candidats. En couple depuis quelques semaines, Carlota, manifestement ivre, et José María ont une scène de ménage. "J'ai vu qu'il y avait une dispute, c'était du contenu pour nous", raconte María Robles qui supervise cette nuit-là les images. 

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Une fois arrivés dans la chambre, les deux jeunes gens se couchent. Pour se dissimuler des caméras, José Maria tire la couette au-dessus de leurs têtes. Via le mégaphone, la superviseuse leur demande alors de replacer leurs micros. Tandis que le duvet bouge frénétiquement, María Robles s'aperçoit que Carlota n'est plus éveillée au moment où le visage de la jeune femme devient de nouveau visible. 

"La tête de Carlota bouge de manière désarticulée, elle a les yeux fermés. Elle ne semble pas consciente", déclare-t-elle au juge à qui elle confirme se rendre compte des faits. Malgré les conseils pris auprès d'une collègue, elle n'appelle pourtant pas la sécurité, mais le producteur exécutif qui lui ordonne d'interrompre la scène. 

"S’il vous plaît, arrêtez la vidéo !"

La réaction de la production est vivement critiquée, de même que la décision de faire part de son viol présumé à la jeune femme devant les caméras. "S’il vous plaît, arrêtez la vidéo !" demande-t-elle en larmes à la production sur les images en question. "Avec le recul, nous regrettons que la conversation pendant laquelle Carlota a été informée ait eu lieu dans le confessionnal", indique dans un communiqué, Endemol Shine Group, propriétaire de Zeppelin, le producteur du programme. 

Le jeune homme sera exclu de l'émission le lendemain des faits. Il risque aujourd'hui deux ans et demi de prison. La défense de Carlota Prado requiert également 100.000 euros de dommages et intérêts à l'encontre de la maison de production. L'affaire a profondément entaché la réputation de Gran Hermano en Espagne : de nombreux annonceurs avaient fait part de leur désengagement de tout partenariat publicitaire avec le programme. 

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