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Effondrement du pont de Gênes : jusqu’à 12 ans de prison pour 32 accusés jugés responsables du drame du pont Morandi et de ses 43 victimes

La justice italienne a condamné 32 accusés à des peines allant jusqu’à 12 ans de prison pour leur rôle dans l’effondrement du pont Morandi, à Gênes, drame survenu en 2018 et responsable de la mort de 43 personnes.

Cette photo, prise le 14 août 2018, montre des véhicules immobilisés sur une partie du pont autoroutier Morandi après l'effondrement d'un tronçon survenu à Gênes.

Crédit : ANDREA LEONI / AFP

AFP

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Huit ans après la catastrophe du pont Morandi, à Gênes, la justice italienne a condamné jeudi 32 accusés à des peines allant jusqu’à 12 ans de prison ferme. L’effondrement de ce viaduc autoroutier, le 14 août 2018, avait provoqué la mort de 43 personnes, sous une pluie battante, en précipitant dans le vide des dizaines de véhicules.

Parmi les condamnés figurent plusieurs anciens cadres d’Autostrade per l’Italia, la société gestionnaire de l’ouvrage. Giovanni Castellucci, ex-directeur général du groupe, a écopé de la peine la plus lourde. Déjà emprisonné pour un autre accident meurtrier survenu en 2013 dans le sud de l’Italie, il a été reconnu coupable de négligence et d’homicide involontaire.

Le procès, ouvert en 2022 sous un chapiteau installé dans l’enceinte du tribunal de Gênes, a aussi conduit à la condamnation des anciens numéros 2 et 3 d’Autostrade, respectivement à cinq ans et demi et 11 ans de prison. Un ancien responsable du ministère italien des Infrastructures et des Transports, chargé de superviser les concessions autoroutières, a lui aussi été condamné à cinq ans de prison. Au total, 28 autres coaccusés ont été reconnus coupables, sur 57 personnes poursuivies.

Des manquements dans la maintenance du pont

À l’issue du verdict, les proches des victimes ont salué une décision attendue depuis des années. “Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il existe des coupables pour nos proches assassinés”, a déclaré Michele Matti Altadonna, frère d’une des victimes. L’avocat du comité des familles, Raffaele Caruso, a insisté sur le fait que l’effondrement “aurait pu être évité”.

Les magistrats ont notamment relevé qu’entre l’inauguration du pont, en 1967, et son effondrement, 51 ans plus tard, les interventions minimales de maintenance n’avaient pas été réalisées pour renforcer les câbles du pilier numéro 9, celui qui s’est affaissé le jour du drame. La fragilité de ces câbles était pourtant connue, alors que des travaux avaient déjà été menés sur deux autres piliers similaires, les 10 et 11.

Le vice-ministre italien des Infrastructures et des Transports, Edoardo Rixi, a estimé que “les responsabilités [avaient] finalement été établies”, jugeant que l’effondrement n’était “pas une fatalité”, mais le résultat de “graves erreurs et omissions”.

La défense continue de contester

L’avocat de Giovanni Castellucci a toutefois affirmé jeudi que son client était “innocent”. Selon la défense, la catastrophe serait due à un vice de construction caché, lié à la corrosion des câbles du pont, et non à un défaut d’entretien.

Autostrade et sa filiale Spea n’ont pas été jugées dans ce procès, après un accord à l’amiable conclu avec le parquet. Au moment du drame, Autostrade appartenait au groupe Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, qui a finalement cédé sa participation à l’État en mai 2022 sous la pression politique et de l’opinion publique.

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