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ÉDITO - Présidentielle 2022 : que proposent les candidats pour aider les entreprises ?

À quelques semaines de l'élection présidentielle, les candidats multiplient les propositions, notamment sur les entreprises ou le clivage gauche/droite réapparait.

Le masque est obligatoire dans les transports en commun, et en entreprises.
Le masque est obligatoire dans les transports en commun, et en entreprises.
Crédit : ERIC PIERMONT / AFP
ÉDITO - Présidentielle 2022 : que proposent les candidats pour aider les entreprises ?
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Faut-il donner aux entreprises? Le grand clivage des candidats
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François Lenglet - édité par Thibault Nadal

Dans les programmes des candidats à la présidentielle, c’est l’une des grandes différences depuis toujours entre la gauche et la droite : faut-il baisser les impôts des entreprises ? 

C’est la droite qui en effet développe ce thème, alors que la gauche, Yannick Jadot compris, ignore délibérément la compétitivité des entreprises, pour se concentrer sur la lutte contre les inégalités et la transition écologique. En gros, la gauche veut augmenter les impôts sur les entreprises, au moins sur celles qu’elle appelle les "multinationales", tandis que la droite envisage de les baisser. 

Mais la grande différence avec les précédentes élections, c’est qu’on ne parle plus de baisser du coût du travail en réduisant les cotisations sociales, mais de réduire les impôts de production.

Les impôts de production pénalisent surtout l’industrie manufacturière

Les impôts de production frappent l’entreprise avant même qu’elle n’ait fait un sou de profit. C’est par exemple une taxe sur le chiffre d’affaires, qu’on appelle la C3S, une autre sur les salaires, d’autres sur les terrains ou les bâtiments, qu’une entreprise devra payer quoi qu’il arrive, même si elle est en perte, contrairement à l’impôt sur les sociétés qui lui frappe les bénéfices. Comme le camembert, ces prélèvements sont une spécialité française. Ils représentent 85 milliards d’euros par an et, en proportion, c’est quatre fois plus qu’en Allemagne. Nous sommes, comme d’habitude en matière fiscale, le champion en Europe, avec la Grèce. Et, à entendre les patrons, c’est cela qui explique la désindustrialisation française.

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Si l’on se fie aux publications du conseil d’analyse économique, ce sont des économistes qui ont étudié la question. Ils expliquent que ces impôts pénalisent l’industrie manufacturière. Du coup, ils contribuent aux délocalisations, ils rendent nos exportations moins compétitives, parce que plus chères. Et à l’inverse, ils avantagent indirectement les importations de produits étrangers, qui ne subissent pas ces prélèvements et peuvent donc être moins chères sur le marché français. C’est alors une machine à creuser notre déficit commercial.

Le Medef réclame une baisse de 35 milliards

Valérie Pécresse veut supprimer l’un de ces impôts, la C3S, qui est le plus pénalisant, pour 4 milliards. Éric Zemmour, dans la démesure, parle de 40 à 50 milliards de baisse, sans indiquer la moindre piste de financement. Marine Le Pen est plus réaliste, elle souhaite se concentrer sur les PME. Quant à Emmanuel Macron, il a déjà baissé ces impôts de 10 milliards, sans en avoir financé un fifrelin d’ailleurs, car il a profité du plan de relance post-covid qui n’est pas pérenne. Tout cela alors que le Medef et la fédération des industries, l’UIMM, demandent, eux, 35 milliards de baisse.
 
Il ne faut pas oublier que le crû des bénéfices 2021 est exceptionnel, c’est la reprise post-covid. Définir une politique fiscale à partir de ces résultats ponctuels serait périlleux. Ne pas oublier non plus que le Cac n’est pas représentatif des entreprises françaises, ce sont les plus gros et souvent les meilleurs. L’enjeu, c’est de revitaliser l’industrie française bien au-delà des champions de CAC. Pour autant, 35 milliards, ce n’est pas raisonnable alors que les finances publiques sont profondément dégradées. Mais une politique de baisse modeste et régulière sur les années qui viennent serait un bon signal pour conforter la stabilisation de l’industrie française qu’on observe depuis peu.

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