2 min de lecture Syrie

Daesh : "On pouvait être vendues plusieurs fois par jour", raconte une ancienne esclave

REPORTAGE - De nouveaux civils ont été libérés cette semaine de l'emprise de l'État Islamique en Syrie. Parmi les rescapés, des jeunes filles vendues comme esclaves aux djihadistes, livrent un témoignage poignant.

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Syrie : libérées de l'État Islamique, d'anciennes esclaves racontent leur calvaire Crédit Image : RTL/ Emilie Baujard | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
Émilie Baujard
Emilie Baujard édité par Joanna Wadel

Une troisième évacuation a eu lieu cette semaine en Syrie, depuis la zone encore tenue par l'État Islamique. Dans le village de Baghouz, situé à l'Est du pays, une quarantaine de camions ont été recensés, chargés d'hommes, d'enfants et de femmes. Ces survivantes, vêtues d'un niqab, bien souvent yézidies, ont été réduites à l'esclavage par les djihadistes pendant des années. 

L'une d'entre elles s'est confiée au micro d'Emilie Baujard, reporter pour RTL. Afrine sort de cinq ans d'enfer. Kidnappée, vendue, violée, réduite à l’esclavage, la jeune femme vient de trouver refuge dans un village yézidi au nord de la Syrie. Elle raconte avoir vécu à Mossoul et Raqqa. 

"Dans la rue, les gens savaient qu’on était des esclaves, on pouvait être vendues plusieurs fois par jour à des djihadistes différents. On nous vendait pour tout et n’importe quoi. Parfois on nous achetait pour 10 dollars, puis ils nous emmenaient dans un salon de beauté pour nous faire jolies et ensuite ils nous revendaient pour plus cher.", explique la rescapée, qui insiste dans son récit sur la violence des femmes de djihadistes, "C'était les pires", dit-elle. 

Quand j'étais malade, on ne m'aidait pas. Personne ne se souciait jamais de moi.

Adia, encore enfant, témoigne pour RTL
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À côté d’elle, Adia peut en témoigner. Cette petite fille d’une dizaine d’années a une marque au visage : un coup de fer à repasser, reçu pour avoir voulu aider une femme en détresse. 

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"J’étais esclave, j’étais leur fille à tout faire.", raconte t-elle, détaillant la masse de travail qu'elle abattait par jour, dans des conditions déplorables : "Je nettoyais leur maison, la cuisine, je faisais la vaisselle. J’étais très mal traitée. Parfois je passais la journée sans manger et j’allais me coucher le ventre vide. Quand j’étais malade, on ne m’aidait pas. Personne ne se souciait jamais de moi."
 
Adia ne sait plus quel âge elle a. Elle a perdu la notion du temps. Mais pas encore toute son innocence. En attendant de retrouver ses parents en Irak, la petite fille s’amuse en regardant des dessins animés sur un téléphone.

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2019-02-26 16:42:00
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