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Coronavirus : pourquoi la Nouvelle-Zélande abandonne sa politique "zéro-Covid"

ÉCLAIRAGE - Le 2 décembre, la Nouvelle-Zélande mettra fin à son approche "zéro Covid. En Chine aussi, cette stratégie pose question.

Une vue de la ville d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, plusieurs fois reconfinée.
Une vue de la ville d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, plusieurs fois reconfinée.
Crédit : Gabriel BOUYS / AFP
Thomas Pierre & AFP

La fin de la politique "zéro-covid', mais une nouvelle réponse plus adaptée contre le coronavirus. La Nouvelle-Zélande mettra fin début décembre au confinement de trois mois et demi dans la plus grande ville du pays, Auckland, a déclaré lundi la Première ministre Jacinda Ardern. À partir de 23H59 le 2 décembre, la Nouvelle-Zélande adoptera une nouvelle stratégie de lutte contre le coronavirus, 

Un nouvel objectif plus réaliste : contenir le variant Delta plutôt que de tenter de l'éliminer complètement. "La dure vérité, c'est que (le variant) Delta est là et n'est pas prêt de disparaître", a-t-elle déclaré. "Bien qu'aucun pays n'ait réussi à éliminer le variant Delta complètement, la Nouvelle-Zélande est mieux placée que la plupart des autres pour s'y attaquer."

Jusqu'à présent, son gouvernement visait une élimination complète du virus, politique dite "zéro-Covid", avec des mesures de confinement strictes, une traçabilité rigoureuse des contacts et des contrôles stricts aux frontières.

83% de vaccinés

La maladie n'a fait que 40 morts sur une population de cinq millions d'habitants mais la pression s'est accrue pour mettre fin au confinement imposé à Auckland depuis que le variant Delta y a été détecté en août. Jacinda Ardern avait initialement prévu de changer de politique une fois un taux de vaccination de 90% atteint dans le pays, mais a finalement avancé la réouverture alors que le niveau de vaccination se situe autour de 83%.

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Le nouveau système se présente comme des feux de circulation, le vert signifiant pratiquement aucun contrôle du virus, l'orange imposant le port du masque dans certains lieux tandis que le rouge permet aux commerces de rester ouverts aux seuls clients vaccinés et en observant une distanciation sociale.

Auckland sera initialement placé en rouge, a déclaré la Première ministre, ajoutant que les autorités sont encore en train de classer les autres zones. Auckland est actuellement isolée du reste de la Nouvelle-Zélande, les barrages routiers devant être levés le 15 décembre. Les règles strictes de quarantaine pour les arrivées internationales resteront en place, mais Jacinda Ardern s'est engagée à les assouplir au début de l'année prochaine.

Le "zéro Covid" fait aussi débat en Chine

Un abandon de la stratégie "zéro Covid', pour lequel Pékin n'a toujours pas opté. Pourtant même en Chine, la politique du "zéro Covid" fait subrepticement débat. Avec la généralisation des applications de traçage, toute personne passée par une zone à haut risque peut se retrouver dans une situation très compliquée: empêchée de voyager même avec un test négatif, de rentrer chez elle ou d'aller au travail.

Si le pays a officiellement enregistré moins de 100.000 cas de Covid depuis le début de l'épidémie et que le dernier décès remonte à fin janvier, des flambées sporadiques angoissent les autorités, surtout à l'approche des Jeux olympiques d'hiver à Pékin en février prochain. Résultat, des villes entières ont été mises en quarantaine ces dernières semaines, alors que le total national de nouvelles contaminations ne dépasse qu'exceptionnellement une centaine par jour. Des millions d'habitants sont confinés.

Un scientifique chinois fustige la stratégie de Pékin

Rompant avec le consensus officiel autour du zéro Covid, un virologue de renom a critiqué la politique du gouvernement dans une interview diffusée le 8 novembre par la chaîne hongkongaise Phoenix TV. Guan Yi, qui dirige un laboratoire à l'Université de Shantou (sud), a jugé illusoire d'attendre une éradication du virus avec une politique de tolérance zéro qui coûte cher à l'économie.

Mais la plupart des experts doutent que Pékin modifie son approche et prenne le moindre risque épidémique avant les JO, voire avant le grand rendez-vous politique de la fin 2022: le Congrès du Parti communiste au pouvoir. Et les médias officiels ont étouffé le débat en martelant que la stratégie du pays était indiscutable.

En attendant, l'errance désespérée d'un voyageur en carafe a fait des remous sur les réseaux sociaux: l'homme parti de Pékin pour un bref voyage d'affaires s'est retrouvé dans l'incapacité de regagner la capitale alors qu'il est vacciné, qu'il dispose d'un test négatif et ne s'est pas rendu dans des zones à risque.

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