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Coronavirus en Nouvelle-Zélande : en quoi consiste sa stratégie anti-Covid ?

ÉCLAIRAGE - Auckland a entamé lundi un confinement en vue de contenir un premier foyer au variant anglais. Une riposte drastique, mais qui s'est pour l'instant montrée efficace.

Jacinda Ardern, la Première ministre néo-zélandaise
Jacinda Ardern, la Première ministre néo-zélandaise Crédit : Marty MELVILLE / AFP
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Thomas Pierre et AFP

Jusqu'ici, la Nouvelle-Zélande a brillé par son efficacité dans la lutte contre la Covid-19. Fin janvier, une étude lui décernait même le titre de meilleure élève au monde en la matière. Ce lundi, face à un vingt-sixième décès, le premier depuis septembre, et après la découverte de trois cas dans la ville d'Auckland, le gouvernement a aussitôt appliqué la méthode qui lui a si bien réussi par le passé. 

Depuis lundi, les deux millions d'habitants de la plus grande ville (et poumon économique) de la Nouvelle-Zélande avaient entamé un confinement de trois jours. Ecoles et entreprises non essentielles sont restées fermer et les habitants avaient interdiction de quitter la ville, sauf raison impérieuse, pendant 72 heures. 

Une mesure drastique qui visait à contenir un premier foyer d'infection au variant anglais détecté au sein d'une même famille (un couple et leur fille). Convaincues que ce dernier était sous contrôle les autorités ont confirmé lever comme prévu ce confinement mercredi soir. Il semble "que nous n'ayons pas d'épidémie généralisée, mais simplement une petite chaîne de transmission", a précisé la Première ministre Jacinda Ardern. 

Une réaction rapide des autorités

Ce confinement rapide, local et préventif est à l'image de la stratégie mise en oeuvre jusqu'ici dans le pays lorsque le moindre risque d'infection se manifeste. Ici, deux des malades sont bien atteints de la mutation britannique du virus, mais les conclusions des tests sur la troisième personne n'étaient pas encore connues quand la décision de confiner a été prise. 

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Même partiels, ces résultats ont tout de suite déclenché une réaction de la part des autorités. "Ces résultats confortent la décision d'agir de façon rapide et énergique pour détecter et empêcher tout risque de nouvelle contamination", avait souligné le ministère de la Santé. 

Les proches des trois personnes infectées ont tous été testés négatifs, à l'exception de trois personnes qui ont été placées à l'isolement. La mère de famille travaille pour une entreprise qui fournit du linge et des plats à des vols internationaux. Les recherches sur l'origine de la contamination dans l'archipel ont privilégié cette piste. Et en attendant de plus amples résultats, aucun risque n'a été pris. 

Un confinement local mais strict

Frapper vite et frapper fort, c'est toute la stratégie de la Première ministre Jacinda Ardern pour retrouver rapidement une vie normale. Aussi adoptée en Asie, cette méthode dite "Zéro Covid" consiste à réduire à zéro la circulation du virus dans une région, grâce à des mesures strictes prises dès que des cas apparaissent et un contrôle drastique des foyers d'infection

Parallèlement, la vie normale peut se poursuivre dans les zones où le virus ne circule pas. "L'avantage est triple pour les pays qui l'ont adoptée", la Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Chine, Taïwan et le Vietnam, assure l'épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale à l'université de Genève.

"Sur le plan sanitaire, ils sont les champions du monde incontestés pour le faible nombre de décès par habitant, et sur le plan social, la vie a repris ses droits : bars, restaurants, activités culturelles et sportives, écoles et universités sont normalement ouverts, les gestes barrières quasi-inexistants", explique-t-il à l'AFP. "Sur le plan économique enfin, Taïwan et la Chine ont connu des croissances positives de leur PIB en 2020", ajoute Antoine Flahault.

"Ce serait plus difficile en Europe"

Cette stratégie est-elle applicable chez nous ? "Ce serait plus difficile en Europe", estime un spécialiste australien, le Pr Archie Clements, épidémiologiste à l'université Curtin de Perth. Les premières raisons semblent géographiques. "En Australie et en Nouvelle-Zélande, nous avons des avantages naturels qui ne sont pas reproductibles ailleurs, en particulier notre isolement et l'absence de frontières terrestres", précise-t-il. 

Mais c'est loin d'être l'unique facteur. "Il y a plusieurs (autres) raisons: la mobilité bien plus importante en Europe, la densité de population des villes bien plus élevée, la dépendance de l'économie européenne aux voyages transfrontaliers et le fait que l'Europe est une destination de voyage majeure", énumère-t-il encore. Que la stratégie "Zéro Covid" soit ou pas transposable, il est de toute façon "trop tard pour cela en Europe" juge le Pr Clements, où le virus et ses variants circulent très fort

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