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Coronavirus : la France peut-elle adopter une stratégie "zéro Covid" ?

Dans les communautés médicales et scientifiques, un nombre croissant de voix s'élèvent pour demander une politique d'éradication du nouveau coronavirus. D'autres, en revanche, considèrent un tel objectif comme impossible à appliquer.

L'aéroport international de Francfort (Allemagne) pendant la crise du coronavirus (illustration)
L'aéroport international de Francfort (Allemagne) pendant la crise du coronavirus (illustration) Crédit : Armando BABANI / AFP
Victor
Victor Goury-Laffont Journaliste

Plus d'un an après l'apparition de premiers cas de Covid-19 en Europe, une nouvelle question surgit : faut-il chercher à éradiquer entièrement le virus, ou maintenir un faible niveau de contaminations et, comme il a souvent été évoqué, apprendre à vivre avec le virus ?

Une tribune signée d'un "collectif de médecins, économistes et politistes" et publiée le 15 février dans plusieurs médias européens dont Le Monde en France invite "les responsables politiques et les citoyens à définir une stratégie européenne d’élimination fondée sur trois piliers : la vaccination, l’instauration de zones vertes, et un renforcement des modalités de dépistage et de traçage".

Selon les signataires, "éliminer le virus sur l’ensemble du continent européen peut sembler impossible", mais l'objectif serait en réalité atteignable, notamment avec la mise en place de "zones vertes" à des échelles locales. 

L'entrée dans ces zones, où l'épidémie serait maîtrisée, et donc les différents lieux accueillant du public réouverts, deviendrait alors conditionnée à la présentation d'un résultat de test négatif et la réalisation d'une quarantaine à l'arrivée, sauf pour les personnes arrivant elles aussi de zones vertes. L'objectif : empêcher une réintroduction du virus dans ces territoires sécurisés.

Les exemples australiens et néo-zélandais

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Quelques exemples sont régulièrement cités pour appuyer cet objectif de contrôle épidémique total. Il s'agit notamment de l'Australie ou de la Nouvelle-Zélande, où les nombres de contaminations sont en effet très faibles. Leurs politiques sanitaires agressives ont souvent fait parler d'elles, notamment lorsque les deux millions d'habitants de la ville de Perth, en Australie, ont été reconfinés pour un seul cas positif. À Auckland, 2 millions de Néo-Zélandais ont entamé ce lundi 15 février un confinement de trois jours à cause de trois cas.

Une telle approche pourrait-elle fonctionner en France et dans le reste de l'Europe ? Beaucoup en doutent. "C'est facile de protéger une île comme la Nouvelle-Zélande ou des lieux très reculés comme l'Australie, a souligné Patrick Berche, biologiste membre de l'Académie de médecine, sur BFMTV,  mais pour nous, qui sommes très intriqués dans l'Europe, et avec beaucoup de communications internationales, j'ai du mal à le croire".

Même en Australie, certains chercheurs reconnaissent que la méthode adoptée par leur pays ne serait pas nécessairement transposable. "Ce serait plus difficile en Europe", indique auprès de l'AFP un spécialiste australien, le Pr Archie Clements, épidémiologiste à l'université Curtin de Perth. Parmi les limites évoquées, la "mobilité" en Europe, la densité de population des villes, la dépendance de l'économie aux voyages transfrontaliers et "le fait que l'Europe est une destination de voyage majeure".

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