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Chine : qu'est-ce que le "un pays, deux systèmes" propre à Hong Kong ?

ÉCLAIRAGE - Négocié avec les Britanniques en 1997, le principe "un pays, deux systèmes" consacre une période de 50 ans durant laquelle Hong Kong doit jouir d'une certaine autonomie vis-à-vis de Pékin. Dans les faits, l'emprise chinoise s'est toutefois accentuée ces dernières années.

Le drapeau hong-kongais, et le drapeau chinois, à Hong Kong, le 1er juillet 2022
Le drapeau hong-kongais, et le drapeau chinois, à Hong Kong, le 1er juillet 2022
Crédit : ISAAC LAWRENCE / AFP
Thomas Pierre & AFP

Officiellement, il n'y a "aucune raison" d'y toucher. Xi Jinping a assuré vendredi 1er juillet qu'il ne comptait pas modifier le principe "un pays, deux systèmes", qui confère un certain degré d'autonomie à Hong Kong. Lors d'un discours célébrant le 25e anniversaire de la rétrocession de la ville à la Chine, le président chinois a affirmé que ce modèle est "un si bon système", qu'"il doit être maintenu à long terme". 


Ce principe "un pays, deux systèmes" avait été négocié entre Londres et Pékin au moment de la rétrocession de l'ancienne colonie britannique à la Chine en 1997. Il consacre une période de 50 ans durant laquelle Hong Kong doit jouir d'une certaine autonomie et de libertés garanties. 

Pékin estime de son côté avoir tout fait "pour le bien de Hong Kong". Xi Jinping a même assuré que la "vraie démocratie" avait commencé avec la rétrocession. "Après la réunification avec la mère patrie, les habitants de Hong Kong sont devenus les maîtres de leur propre ville", a lancé le président chinois. 

Pourtant dans les faits, 25 ans après la rétrocession, l'emprise de Pékin sur la ville que les Britanniques appelaient jadis la " Perle de l’Orient", n'a jamais cessé de s'accroitre. 

Un territoire autonome ?

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Le 30 juin 1997, lorsque Hong Kong est rétrocédé à la Chine, la "Loi fondamentale", sorte de mini-Constitution, garantit au territoire un statut particulier lui permettant de conserver ses spécificités : liberté de la presse, liberté d'expression, justice indépendante et libéralisme économique. 

La ville est alors dirigée par un chef de l'exécutif. Les lois sont débattues et votées au Conseil législatif. Un quart de siècle plus tard, il n'y reste plus aucun député de l'opposition. Certains ont été arrêtés en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin, et beaucoup disqualifiés au nom de nouvelles règles réservant les élections aux "patriotes". 

Au cours des années qui ont suivi la rétrocession, la méfiance n'a fait que croître entre un camp pro-démocratie qui voyait en Pékin un pouvoir autocrate déterminé à priver les Hongkongais des droits promis, et le parti communiste chinois qui considérait leurs revendications comme un défi à la souveraineté chinoise. Les tensions exploseront finalement lors d'immenses manifestations auxquelles la Chine répondra par la répression. 

Les manifestations de 2019 réprimées

À partir de juin 2019, l'ex-colonie est le théâtre d'un mouvement de contestation sans précédent, avec des manifestations monstres et de violents affrontements entre radicaux et policiers. Née du rejet d'un projet de loi qui devait autoriser les extraditions vers la Chine continentale, abandonné en septembre, la contestation se mue en un mouvement dénonçant les ingérences de la Chine et réclamant des réformes démocratiques.

En janvier 2020, Hong Kong est un des premiers territoires touchés par l'épidémie de coronavirus. L'exécutif prend alors des mesures drastiques, parmi lesquelles des interdictions de se rassembler en public, entraînant de fait la fin des manifestations pro-démocratie. 

John Lee investi

La Chine impose une nouvelle loi drastique sur la sécurité nationale le 30 juin 2020, sans même la soumettre au Parlement local. Le texte vise à sanctionner "la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères", des faits passibles de la prison à perpétuité. Il donne aussi aux agents de sécurité chinois la possibilité d'opérer sur le sol hongkongais.

Ce 1er juillet 2022, signe que la main de fer de Pékin se renferme un peu plus sur la ville, c'est l'ex-patron de la sécurité de Hong Kong John Lee, celui qui avait supervisé la répression du mouvement pro-démocratie de 2019, qui est investi à la tête de la ville. 

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