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Robert Malley, ancien négociateur américain sur l'accord du nucléaire iranien en 2015, sur RTL le 24 juin 2026.
Crédit : RTL
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Après la signature la semaine dernière d'un protocole d'accord, les États-Unis et l'Iran se lancent dans des négociations qui doivent mettre enfin un point final à la guerre lancée le 28 février par les Américains et les Israéliens. L’enjeu central de cet accord reste la question du nucléaire iranien, particulièrement sensible.
En pleine poursuite des discussions en Suisse, Washington affirme que l'Iran est prêt à rouvrir ses sites aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Mais Téhéran conteste cette version et ferme la porte à des inspections de ses installations touchées par les frappes israélo-américaines.
Invité de RTL ce mercredi 24 juin, Robert Malley, principal négociateur américain de l’accord sur le nucléaire conclu avec les Iraniens en 2015 sous Barack Obama, estime que le rapprochement engagé entre Washington et Téhéran restera long, fragile et semé d’incidents.
"Tout va être difficile et ça ne se fera pas en 60 jours", prévient Robert Malley, soulignant que les divergences entre Washington et Téhéran risquent de freiner les négociations. "Chaque étape sera une crise jusqu'à ce qu'on ait un accord final", insiste-t-il.
L’ancien conseiller de Barack Obama et Joe Biden insiste sur la méthode. À ses yeux, Washington et Téhéran vont avancer "par étapes". La première pourrait être, dit-il, "justement le retour des inspecteurs", en échange de gestes américains sur des fonds iraniens gelés. Une logique de "troc", résume-t-il, avec "des petits accords qui mèneront peut-être à l’accord final".
Robert Malley souligne que chaque avancée donnera lieu à des divergences d’interprétation, des tensions publiques et des risques de rupture, notamment en raison du caractère volatile de Donald Trump. "Je n'exclus pas qu'un matin, le président se réveille et au vu des critiques contre l'accord, y compris de la part des Républicains, qu'il se dise : 'J'en ai assez, il va falloir le bombarder pour montrer qui est le maître'", confie-t-il.
Il dit même avoir "un peu de pitié" pour les négociateurs américains actuels, contraints de travailler pour un président "dont on ne connaît pas le point de vue au moment même" et qui peut changer d’avis "dans les minutes ou les heures qui suivent".
Sur l’avenir du régime iranien, Robert Malley se montre prudent. Il estime que le pouvoir des mollahs finira par tomber, mais pas sous l’effet immédiat de la guerre. "Un jour, oui, mais pas à cause de la guerre", affirme-t-il sur RTL. Selon lui, le régime est durablement fragilisé de l’intérieur, car "il n’a pas la capacité de répondre aux besoins, aux aspirations fondamentales du peuple iranien".
Dans l’immédiat, l'ancien négociateur américain juge au contraire que le conflit a pu consolider le pouvoir en place : "Cette guerre a peut-être retardé l’évolution naturelle et le départ de ce régime". Il estime que Téhéran peut désormais se prévaloir d’avoir "tenu tête non seulement à la plus grande superpuissance mondiale, mais à la superpuissance régionale", explique-t-il. Robert Malley veut enfin croire que le régime iranien finira par tomber "mais je pense que ce n’est pas cette guerre qui y aura contribué", précise-t-il.
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