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Guerre au Moyen-Orient : nucléaire, Liban, Ormuz... Ce qu'il faut retenir des premières négociations entre l'Iran et les États-Unis

Téhéran et Washington ont repris le chemin des négociations, sous médiation qatarie et pakistanaise, avec l'objectif affiché de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Une première session marquée par des tensions, mais aussi par plusieurs annonces concrètes.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, A. Araghchi (gch), serre la main du Premier ministre pakistanais, M. Shehbaz Sharif (centre), aux côtés du chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal A. Munir (dr), en Suisse, le 21 juin 2026.

Crédit : Fabrice COFFRINI / POOL / AFP

Jérémy Descours & AFP

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La première session de négociations entre l'Iran et les États-Unis s'est achevée dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 juin en Suisse. Malgré un coup de tension en cours de soirée, lorsque la délégation iranienne a quitté la table des discussions après la publication d'un message de Donald Trump jugé "insultant", les pourparlers ont finalement pu se poursuivre "toute la nuit", selon un diplomate américain. Les médiateurs qatari et pakistanais ont réussi à maintenir le dialogue entre les deux camps, permettant aux discussions de se conclure sur plusieurs avancées concrètes.

Les négociations, qualifiées d'"historiques" par le vice-président américain JD Vance, doivent désormais se poursuivre tout au long de la semaine. Si de nombreux désaccords subsistent, notamment sur le programme nucléaire iranien et la situation au Liban, les deux parties affirment avoir posé les bases d'un processus diplomatique destiné à mettre un terme à la guerre qui secoue le Moyen-Orient depuis le 28 février 2026. Accord final sous 60 jours, sécurité du détroit d'Ormuz, conflit au Liban ou encore levée de certaines restrictions économiques : voici les principaux points à retenir de cette première session.

Le flou autour du nucléaire iranien

Premier résultat annoncé par les médiateurs : les deux parties se sont mises d'accord "sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques".

Les négociations doivent désormais se poursuivre afin de préciser les modalités de cet éventuel accord. La question nucléaire reste l'un des principaux sujets de discussion. 

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L'Iran s'est engagé dans le texte-cadre à "ne se procurer ni ne développer d'armes nucléaires". Mais sur ce point, les versions divergent déjà : la télévision d'État iranienne affirme que le sujet n'a pas été abordé dimanche, tandis qu'un haut diplomate américain assure que des discussions "approfondies" ont eu lieu.

Une cellule de gestion des conflits pour le Liban

C'est l'une des principales annonces de cette première session. Selon le communiqué conjoint du Pakistan et du Qatar, les deux pays ont accepté la création d'une "cellule de gestion des conflits" associant les parties concernées ainsi que la République du Liban.

Sa mission sera de garantir le respect de la cessation des opérations militaires au Liban, où les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont fragilisé l'accord-cadre conclu la semaine dernière.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a salué des "progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban" et estimé que cette cellule constituerait "le premier test réel" du processus engagé.

Les obstacles restent toutefois nombreux. Benjamin Netanyahu a réaffirmé que l'armée israélienne resterait dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire", tandis que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, continue de rejeter toute zone de sécurité israélienne.

Une ligne de communication pour sécuriser Ormuz

Washington et Téhéran se sont également accordés sur la mise en place d'une "ligne de communication" destinée à prévenir les incidents dans le détroit d'Ormuz.

L'objectif affiché est "d'assurer un passage sûr pour les navires commerciaux" dans cette voie maritime stratégique par laquelle transitait, avant le conflit, près de 20% du commerce mondial d'hydrocarbures.

L'Iran avait annoncé samedi une nouvelle fermeture du détroiten réaction aux opérations israéliennes au Liban. L'annonce d'un mécanisme de coordination entre les deux pays a été favorablement accueillie par les marchés pétroliers, les cours du brut reculant dans la nuit de dimanche à lundi.

Selon le protocole d'accord, le trafic commercial doit être pleinement rétabli dans les 30 jours suivant le déminage du détroit.

Téhéran revendique des avancées économiques

L'Iran affirme également avoir obtenu plusieurs concessions économiques dans le cadre des discussions.

Abbas Araghchi s'est félicité que "les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes, le blocus est levé, certains avoirs gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l'Iran a été lancé".

Le protocole d'accord évoque un programme d'investissements d'au moins 300 milliards de dollars. Ces annonces n'ont toutefois pas été commentées dans l'immédiat par les autorités américaines.

Un démarrage marqué par les tensions

Malgré ces avancées, les négociations ont rappelé combien le dialogue reste fragile entre les deux pays.

Selon l'agence officielle iranienne Irna, la délégation de Téhéran a quitté les discussions après la publication d'un message de Donald Trump demandant à l'Iran d'empêcher ses alliés au Liban de "causer des problèmes", faute de quoi les États-Unis reprendraient leurs frappes.

"Ils feraient mieux de peser leurs mots ; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement", avait répliqué le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Les médiateurs sont finalement parvenus à maintenir le processus, permettant aux deux camps de conclure cette première session. Reste désormais à savoir si celles-ci suffiront à transformer l'accord de principe en règlement durable du conflit régional.

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