Le pouvoir iranien réellement décapité? (1/3)
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Un porte-avions américain sur le détroit de Bab el-Mandeb en 2011 (illustration)
Crédit : Brooks B. Patton Jr. / Navy Media Content Services / AFP
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La menace d'un "nouveau front" et les cours du pétrole repartent à la hausse. Ce jeudi 26 mars, le président américain Donald Trump a exhorté l'Iran à "devenir sérieux avant qu'il ne soit trop tard" tandis que des initiatives diplomatiques se développent depuis le début de la semaine pour arrêter une guerre dont les conséquences économiques mondiales se font sentir chaque jour un peu plus. Mais Téhéran entend bien choisir les conditions de la fin des hostilités.
Mercredi, une source militaire iranienne citée par l'agence Tasnim a donc agité une nouvelle menace qui a rapidement provoqué une hausse des cours du pétrole : celle de cibler le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, situé sur l'itinéraire empruntant la mer Rouge et le canal de Suez.
En cas d'invasion terrestre américaine, l'Iran ouvrira ainsi un "nouveau front" dans ce détroit clé pour le trafic maritime mondial qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, avec Djibouti et l'Érythrée du côté africain et le Yémen, sur la péninsule Arabique.
Passage obligé vers le canal de Suez, "le détroit de Bab el-Mandeb ("porte des lamentations" en arabe) compte parmi les détroits les plus stratégiques au monde, et l'Iran possède à la fois la volonté et la capacité de générer une menace parfaitement crédible à son encontre", a prévenu cette source militaire.
"Si l'ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n'importe où ailleurs sur notre territoire, ou s'il cherche à imposer des coûts à l'Iran par des manœuvres navales dans le golfe Persique et la mer d'Oman, nous ouvrirons d'autres fronts en guise de 'surprise'", a ajouté ce responsable militaire.
La menace concernant ce détroit a été perçue comme une allusion à ses alliés, les rebelles houthis qui dominent la mer Rouge depuis leurs positions montagneuses. Ils ont déjà largement perturbé le trafic à coups de drones et de missiles en soutien aux Palestiniens pendant la guerre à Gaza, et avaient aussi visé les infrastructures pétrolières en 2019 et en 2022, lorsque l'Arabie saoudite avait lancé contre eux une guerre dévastatrice.
Ils pourraient désormais facilement s'en prendre aux pétroliers qui remplissent leurs immenses cales dans le port saoudien de Yanbu, la principale voie de contournement pour les barils de pétrole bloqués par la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz.
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Découvrir l'émissionSi la menace était mise à exécution, les marchés mondiaux seraient à nouveau ébranlés, et la riposte de Riyad risquerait d'être immédiate. "L'Arabie saoudite maintient encore une neutralité prudente dans la guerre", affirme à l'AFP Hesham Al-Ghannam, un expert saoudien en sécurité. Mais "si les Houthis frappent des intérêts saoudiens, Riyad pourrait basculer" et envisager des représailles, même limitées, avance-t-il.
Ennemis jurés pendant des années, l'Arabie saoudite à majorité sunnite et l'Iran, à majorité chiite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine, peu après que l'Arabie saoudite se soit engagée dans une stratégie de stabilisation régionale.
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