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"On a affaire à des crapules, sans foi ni loi" : un couvre-feu mis en place après l'incendie criminel qui a fait trois morts à Décines-Charpieu

Invité de RTL, Jean-Emmanuel Alloin, adjoint à la sécurité de Décines-Charpieu, près de Lyon, réclame une réponse plus ferme de l'État après la mort de trois personnes dans un incendie criminel. La mairie a décidé d'instaurer un couvre-feu pour les mineurs sur fond de tensions liées au narcotrafic.

Trois personnes sont décédées, le 11 mai au matin lors d'un incendie criminel dans un immeuble de Décines-Charpieu, en banlieue de Lyon

Crédit : JEFF PACHOUD / AFP

Incendie criminel : Jean-Emmanuel Alloin, adjoint à la sécurité de la mairie de Décines-Charpieu, est l'invité de Jérôme Florin

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Jérôme Florin & Jérémy Descours

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Après l'incendie criminel qui a coûté la vie à trois personnes à Décines-Charpieu, près de Lyon lundi 11 mai, la mairie hausse le ton. Face à une flambée des violences liées au narcotrafic, un couvre-feu pour les mineurs a été instauré à partir de 22 heures.

"On a pris cette décision avec Mme le maire Laurence Fautra : instaurer un couvre-feu et s'assurer qu'on ait les moyens de le faire respecter", explique sur RTL, ce mardi 12 mai, Jean-Emmanuel Alloin, adjoint à la sécurité de la ville.

L'élu décrit une commune sous tension depuis plusieurs semaines, marquée par des violences répétées dans certains quartiers. Concernant l'incendie survenu lundi matin, l'enquête est toujours en cours, mais pour lui, le mode opératoire ne laisse guère de doute.

"Notre ville est depuis plusieurs semaines attaquée par des bandits qui mettent le feu aux cages d'escalier. Je pense qu'on est sur le même opératoire et qu'on a affaire aux mêmes personnes", ajoute l'adjoint au maire.

"2.500 habitants qui ont peur"

Fin avril déjà, une jeune mère de famille avait été blessée par une balle perdue alors qu'elle rentrait du cinéma avec ses enfants. Depuis, la peur s'est installée chez les habitants.

"Dans ce quartier, il y a 2.500 habitants qui ont peur", affirme Jean-Emmanuel Alloin. "Hier, ce fut l'effroi et la colère puisqu'on a eu trois victimes dans notre ville".

Sur place, certains riverains dénoncent un sentiment d'abandon. "Nos gosses n'ont rien", témoigne une habitante au micro de RTL, évoquant le manque d'infrastructures et l'absence de soutien dans le quartier.

L'adjoint à la sécurité dit comprendre cette colère "complètement légitime". Mais il pointe surtout la montée en puissance du narcotrafic et réclame une réponse beaucoup plus ferme de l'État.

"On a affaire à des crapules qui sont sans foi ni loi", martèle-t-il. "Nous, on demande à l'État de répondre avec la plus grande fermeté".

"Le narcotrafic, c'est la Colombie"

L'élu va même plus loin et demande la possibilité de déclencher "un état d'urgence localisé", estimant que ce qui se joue à Décines dépasse désormais le cadre local.

"Le narcotrafic, c'est la Colombie. Ça veut dire qu'en France aujourd'hui, on a affaire à des cartels", affirme-t-il encore. "On a l'impression que notre nation est attaquée de l'intérieur. À Décines, on a eu l'impression d'avoir perdu cette bataille".

La mairie assure avoir alerté le gouvernement depuis plusieurs jours. "Le maire a demandé un entretien avec le ministre il y a une dizaine de jours. Pour l'instant, on n'a pas de réponse", regrette-t-il.

Aucune interpellation n'a encore eu lieu après l'incendie. Mais pour l'adjoint, les auteurs sont loin d'être inconnus. "Ils sont connus de tout le monde. Ce ne sont pas des agents secrets", lance-t-il, tout en rappelant qu'"il faut laisser la police judiciaire faire son travail". "Ce n'est pas temps de les arrêter. Il faut les arrêter, les inculper, qu'ils soient enfermés."

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