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Brexit : faire sonner Big Ben le 31 janvier, la question divise les Britanniques

Big Ben est réduite au silence depuis plus de deux ans à cause de vastes travaux de restauration. Les partisans les plus farouches de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne souhaitent la faire sonner le 31 janvier prochain afin de marquer l'événement historique du Brexit.

L'Union Jack et le drapeau de l'Union européenne devant Big Ben (illustration)
L'Union Jack et le drapeau de l'Union européenne devant Big Ben (illustration) Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

Faire sonner ou ne pas faire sonner Big Ben pour célébrer le Brexit ? Telle est la question. À quelques jours de la date fatidique, le Brexit déchaîne encore les passions, attisées par le combat des europhobes britanniques pour que Big Ben marque cet événement historique.

En effet, les autorités compétentes ont beau avoir enterré l'idée, les partisans les plus farouches de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne n'en démordent pas, la cloche la plus célèbre du monde doit sonner le 31 décembre à 23 heures. Afin d'y parvenir, ils tentent de mobiliser l'opinion pour que soit célébré ce moment historique.

Âgée de 160 ans et logée dans la tour Elizabeth du Palais de Westminster, Big Ben est réduite au silence depuis plus de deux ans en raison de vastes travaux de restauration. Elle ne sonne plus qu'en de très rares occasions comme le Nouvel An ou des commémorations historiques. Les europhobes souhaitent malgré tout la mettre à contribution pour marquer le divorce européen après près d'un demi-siècle de mariage.

Le Parlement juge que cela coûterait trop cher

Fin de non recevoir du côté du Parlement, qui a déclaré ce mardi 14 janvier que cela coûterait trop cher. Faire sonner Big Ben le 31 janvier supposerait de relancer le mécanisme et retarderait l'avancée des travaux. L'opération, vu les travaux actuels, pourrait coûter jusqu'à 500.000 livres, soit 585.000 euros.

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Fervent partisan du Brexit, le Premier ministre Boris Johnson a quant à lui relancé l'idée, évoquant la possibilité d'une souscription publique, qui a suscité l'enthousiasme des journaux et élus eurosceptiques. Quelque peu embarrassés, ses services ont dû ensuite calmer leurs ardeurs, expliquant que le Parlement n'était en réalité pas autorisé à utiliser de tels fonds.

Lancé sur le site GoFundMe, notamment par le député conservateur Mark Francois, l'appel aux fonds réunissait vendredi plus de 150.000 livres, soit plus de 180.000 euros. Même une ministre a ainsi donné 10 livres. Pour Mark François, il est "inconcevable" que cette cloche légendaire ne retentisse pas pour un tel événement. Le gouvernement est "embarrassé par le Brexit et n'en est pas fier", a de son côté attaqué Nigel Farage, figure de la campagne en faveur de la sortie de l'Union européenne lors du référendum de 2016.

Le danger du triomphalisme dans un pays divisé

Certains médias eurosceptiques ont accusé les partisans du maintien dans l'Union européenne d'avoir gonflé l'estimation des coûts pour faire sonner Big Ben, assurant que la cloche avait bien retenti pour célébrer le Nouvel an. Pourtant, ce combat est loin de faire l'unanimité, même au sein des partisans du Brexit. "Vous avez perdu la boule ?", titre une parodie virale de la Une du tabloïd Daily Express, pointant du doigt ceux qui "veulent dépenser un demi-million pour faire sonner une cloche" malgré la pauvreté et en pleine crise climatique.

Downing Street a assuré que des événements seraient bien organisés pour marquer ce "moment historique". Mais en privé, certains reconnaissent le danger que constituerait tout forme de triomphalisme dans un pays encore divisé par la sortie de l'Union européenne.

En effet, "pour beaucoup de monde, ce ne sera pas un moment de joie", a averti le député indépendantiste écossais Patrick Grady, dont la formation est résolument pro-européenne. Face à ce refus, le groupe eurosceptique Leave.EU a demandé à ce que les cloches de toutes les églises du pays sonnent le 1er février, pour "célébrer la nouvelle indépendance du Royaume-Uni".

L'organisme représentatif des sonneurs de cloches "ne cautionne pas l'idée"

Mais l'organisme représentatif des sonneurs de cloches "ne cautionne pas l'idée de (les) faire sonner pour des raisons politiques", a déclaré son porte-parole Vicki Chapman, ajoutant cependant que cela restait "à la discrétion" de chaque clocher. Face à cet énième pied-de-nez, un commentateur a proposé que chacun amène sa propre cloche lors d'un rassemblement prévu le jour J devant le Parlement.

Une levée de fonds concurrente a en outre été lancée par une Londonienne, au profit d'une association aidant les réfugiés. Elle y promet de "se tenir à côté de Big Ben et de crier 'bong' très fort".

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