3 min de lecture Élection présidentielle

Brésil : Jair Bosolnaro accusé de diffuser des "fake news" sur WhatsApp

Le candidat de gauche à la présidentielle a accusé son rival d'avoir orchestré un bombardement de fausses informations sur la messagerie WhatsApp. Des accusations que nie fermement Jair Bolsonaro.

Jair Bolsonaro, candidat d'extrême-droite du Social Liberal Party (Brésil)
Jair Bolsonaro, candidat d'extrême-droite du Social Liberal Party (Brésil) Crédit : FERNANDO SOUZA / AFP
Caroline Drzewinski
Caroline Drzewinski
et AFP

De graves accusations. Le candidat de gauche à la présidentielle au Brésil, Fernando Haddad, a accusé jeudi 18 octobre son rival Jair Bolsonaro d'avoir monté une "organisation criminelle" avec de "l'argent sale". Le but ? Orchestrer un bombardement de messages et de fausses informations sur la messagerie instantanée WhatsApp. 

La campagne présidentielle pourrait ainsi se retrouver au cœur d'une polémique sur une possible manipulation de l'électorat à travers les réseaux sociaux. Une affaire qui rappelle celles qui ont entaché la dernière présidentielle aux États-Unis ou le référendum du Brexit au Royaume-Uni. 

Fernando Haddad, candidat du Parti des travailleurs (PT), a lancé son attaque contre le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, après que le quotidien Folha de Sao Paulo a révélé que des entreprises avaient financé des envois en masse de messages anti-PT sur WhatsApp, avant le premier tour. Selon le quotidien, une nouvelle offensive serait prévue pour la semaine prochaine, avant le second tour du 28 octobre.

Des milliers de messages "pour influer sur le vote"

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Des compagnies auraient acheté des "contrats" pour diffuser des centaines de milliers de messages de propagande de Bolsonaro. Chacun d'entre eux coûterait près de 12 millions de réais (2,8 millions d'euros). Au Brésil, la loi électorale proscrit le financement des campagnes par les entreprises. Si cette pratique était avérée, elle constituerait ainsi un délit. 

Lors d'une conférence de presse à Sao Paulo, Fernando Haddad a dénoncé "les centaines de milliers de messages envoyés aux électeurs (...) tous faux, pour influer sur le vote". "Dans n'importe quel pays cela serait un scandale énorme, qui pourrait mener à une invalidation de candidature", a-t-il lancé. Le candidat de gauche a annoncé saisir la justice électorale.  

L'entourage de Bolsonaro a nié toute responsabilité. "Ce n'est pas raisonnable qu'à chaque fois qu'il se passe quelque chose (Bolsonaro) soit désigné responsable", a dit Thiago Ayres, son avocat, au quotidien Valor.  Au même moment, le candidat d'extrême droite réagissait sur Twitter: "Le PT ne souffre pas des fausses informations, mais de la VÉRITÉ". 

Fernando Haddad a ajouté qu'il avait déjà détecté une "campagne de calomnie appuyée par de l'argent sale" contre lui sur WhatsApp mais que la situation avait empiré. "Le niveau des ressources et le nombre d'entreprises impliquées dans ce complot est très élevé", a-t-il lancé, évoquant le chiffre de 156 compagnies

120 millions d'utilisateurs

Les messages ont été envoyés grâce aux bases de données personnelles d'utilisateurs fournies par l'équipe de Bolsonaro ou achetées à des agences de stratégie numérique, selon Folha. Pour Sergio Amadeu, membre du Comité de gestion d'internet au Brésil, il s'agit "d'une campagne de désinformation (...) qui vient aussi de l'étranger". 

Immensément populaire au Brésil, WhatsApp compte au moins 120 millions d'utilisateurs. Ana Clara Vale est l'une d'entre eux. "On reçoit beaucoup d'informations, même fausses, certaines vraies aussi, sur la politique. Mais je ne crois pas que cela influence trop nos décisions", a déclaré cette électrice de Bolsonaro âgée de 27 ans. 

Andre de Souza, qui pourrait lui aussi voter pour le député, reçoit quelques 500 messages WhatsApp par jour, pour et contre les deux candidats. "Ma mère a reçu un message disant que Bolsonaro supprimerait le 13e mois et elle l'a cru !", a-t-il déclaré. 

Pour cause, Jair Bolsonaro dispose d'une considérable force de frappe sur les réseaux sociaux. Il y mène l'essentiel de sa campagne, comptant 14 millions d'abonnés sur Facebook, Instagram et Twitter. Fernando Haddad n'en a que 2,8 millions. 

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2018-10-19 04:35:40
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