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Birmanie : trois jours après le coup d’État, quelle est la situation ?

ÉCLAIRAGE - Les généraux birmans ont bloqué jeudi l'accès à Facebook, outil essentiel de communication en Birmanie, alors que les appels à résister au putsch se propageaient.

Une rue de Rangoun, le 4 février 2021
Une rue de Rangoun, le 4 février 2021
Crédit : STR / AFP
Thomas Pierre & AFP

La date du 1er février 2021 restera-t-elle comme le jour où la fragile démocratie birmane a pris fin ? Trois jours après le coup d'État contre le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, les militaires tiennent toujours le pays. Plusieurs centaines de partisans de l'armée se sont réunis jeudi à Naypyidaw, la capitale. "On ne veut plus des traîtres nationaux vendus à des pays étrangers", "Tatmadaw (les forces armées) aime les gens", pouvait-on lire sur des pancartes.

Non loin de là, 70 députés LND, le parti d'Aung San Suu Kyi, ont signé un "engagement à servir le public", organisant une session parlementaire symbolique pour dénoncer la prise de contrôle du parlement. Dans les rues, les signes de résistance contre le putsch, condamné vivement par l'ONU et de nombreuses capitales occidentales, se multipliaient. 

Mercredi, à Rangoun, des habitants ont klaxonné et tapé sur des casseroles, certains scandant: "Vive Mère Suu!" Kyi. Des groupes appelant à la "désobéissance civile" se sont créés sur Facebook, porte d'entrée d'internet pour une grande partie de la population. "Nous avons le pouvoir numérique (...) pour nous opposer à la junte", a estimé un activiste.

Facebook bloqué dans le pays

Conséquence : les généraux birmans ont ordonné aux fournisseurs internet de bloquer l'accès à Facebook, tout en émettant un avertissement contre toute publication ou discours qui encourageraient des émeutes ou une situation instable. Le géant américain a aussitôt confirmé que ses services étaient "perturbés", exhortant les autorités à "rétablir la connexion". 

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Le chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, qui concentre désormais l'essentiel des pouvoirs, a justifié son putsch en évoquant des fraudes massives lors des législatives de novembre remportées massivement par la LND. En réalité, les généraux craignaient que, malgré une constitution qui leur est très favorable, leur influence ne diminue après la victoire d'Aung San Suu Kyi, estiment des analystes.

Suu Kyi inculpée

La prix Nobel de la paix 1991 a été inculpée pour avoir enfreint une loi birmane sur les importations et les exportations, a expliqué son parti, après que les autorités ont trouvé chez l'ex-dirigeante de 75 ans des talkies-walkies non enregistrés. Une accusation tout aussi obscure a été mise en avant pour l'ex-président Win Myint, poursuivi pour avoir violé une loi sur la gestion des catastrophes du pays en ne respectant pas des mesures anti-coronavirus.

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni mardi en urgence sans parvenir à s'entendre. Des négociations seraient toujours en cours. Pour être adopté, un texte nécessite le soutien de Pékin, qui exerce un droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité. Or, la Chine reste le principal soutien de la Birmanie aux Nations unies, où elle a contrecarré toute initiative lors de la crise des Rohingyas.

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