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Les forces de sécurité espagnoles surveillent plusieurs personnes ayant pénétré illégalement sur le territoire de Ceuta, en Espagne, en provenance du Maroc, lors d'un afflux migratoire exceptionnel survenu entre le 30 juillet et le 1er août 2026.
Crédit : JORGE GUERRERO / AFP
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Un important afflux de migrants a surpris l'Espagne et l'Europe ces derniers jours, avec un nombre estimé d'entre 50.000 et 60.000 personnes qui ont franchi la frontière avec l'enclave espagnole de Ceuta, frontalière du Maroc. Tandis que la plupart de ces personnes ont déjà été redirigées vers le royaume marocain, les répercussions de cette vague migratoire continuent de s'enchaîner en ce samedi 1er août.
À commencer par le drame humain, et le bilan qui s'alourdit au fil des heures. Selon un dernier bilan partagé par le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska, lors d'un point presse donné à Ceuta ce samedi, au moins 67 personnes ont péri dans cette tentative de migration vers l'Europe. La plupart de ces morts sont des noyades.
Quelque 60.000 migrants sont arrivés en l'espace de deux ou trois jours, selon une estimation du président du gouvernement local, Juan Jesus Vivas. Le ministère espagnol de l'Intérieur fait lui état d'un chiffre de 50.000 personnes. Au moins 48.000 d'entre elles sont déjà rentrées au Maroc.
Cette arrivée massive dépasse largement celle de mai 2021, lorsqu'environ 12.000 migrants avaient afflué à Ceuta en quelques jours, selon l'Observatoire de Ceuta et Melilla, qui constituent les deux seules frontières terrestres de l'Europe en Afrique.
Sur place, des jeunes continuaient samedi matin à franchir la frontière pour retourner vers le Maroc, sous le regard de militaires et de la Garde civile espagnole. "Un ami m'a appelé, il m'a dit que la frontière était ouverte", a raconté à l'AFP Soufiane, un Marocain de 42 ans, qui est arrivé à Ceuta lui aussi il y a quelques jours en nageant "trois, cinq minutes" dans l'espoir de rejoindre Madrid, à des centaines de kilomètres plus au nord, pour voir sa mère, "victime d'une leucémie".
Selon lui, l'afflux massif de migrants ces derniers jours montre "que tout le monde veut 'monter' (en Espagne) et souhaite avoir un bon avenir, qu'ils n'ont pas au Maroc". Face à cet afflux migratoire, pour empêcher désormais les migrants de traverser à la nage, une barrière pneumatique de 500 mètres de long est en cours d'installation dans la mer Méditerranée à Ceuta.
Les images de cette crise migratoire, inédite par son ampleur sur place, ont provoqué de vives critiques de la part de certains dirigeants de l'Union européenne, où les sujets de l'immigration et du contrôle des frontières de l'espace Schengen restent inflammables.
Face à la situation exceptionnelle à Ceuta, 22 dirigeants de l'Union européenne, dont la Première ministre italienne et le chancelier allemand, ont demandé samedi une "visioconférence d'urgence" des ministres européens de l'Intérieur pour évaluer et répondre à la situation créée par l'entrée illégale de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta.
"Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l'instrumentalisation des migrations ou d'autres menaces hybrides donnent le sentiment qu'il est possible d'entrer illégalement dans l'Union européenne. Et qu'une entrée illégale puisse ensuite se transformer en séjour légal", estiment les 22 signataires d'une lettre ouverte.
"Les événements de ces derniers jours exigent une réponse européenne immédiate et coordonnée", disent-ils dans cette lettre adressée à la présidence irlandaise de l'UE, au président du Conseil européen Antonio Costa et à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes, le socialiste Pedro Sánchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, à contre-courant de nombreux autres pays européens, a dénoncé leur attitude qui "va à l'encontre des intérêts à long terme" du Vieux Continent.
Son ministre Fernando Grande-Marlaska a, lui, dénoncé face aux journalistes "la mauvaise foi" de certains qui "ont la mémoire très courte", rappelant notamment le soutien de l'Espagne à l'Italie lors de la crise migratoire sur l'île de Lampedusa en 2023.
Depuis samedi, l'Italie, dont la Première ministre d'extrême droite Giorgia Meloni a vivement critiqué l'action des autorités espagnoles, et a rétabli des contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l'Espagne qu'elle veut par ailleurs suspendre de l'espace Schengen, une mesure soutenue par la Finlande et le Danemark.
Laurent Nuñez, au détour d'une question posée lors d'un point presse consacré aux incendies en France ce samedi en fin de matinée, a de son côté estimé qu'il n'était "absolument pas question" que l'Espagne quitte la zone Schengen, ajoutant que la France avait "une coopération très, très, très bonne avec l'Espagne".
De son côté, la France a multiplié par cinq, à 334, le nombre de policiers et gendarmes en renfort à la frontière franco-espagnole, en pleines vacances d'été.
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