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Attentat de Christchurch : ce que l'on sait des attaques qui ont fait 49 morts

ÉCLAIRAGE - Vendredi 15 mars à l'heure de la prière de l'après-midi, un terroriste de 28 ans, ressortissant australien, a abattu 49 fidèles dans deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch.

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Attentat de Christchurch : ce que l'on sait des attaques qui ont fait 49 morts Crédit Image : Tessa BURROWS / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Eléanor Douet
et AFP

La Nouvelle-Zélande est sous le choc après un attentat terroriste qui a fait 49 morts et une dizaines de blessés, à Christchurch, vendredi 15 mars 2019. À l'heure de la prière, un extrémiste de droite équipé d'armes semi-automatiques a fait un carnage dans deux mosquées de la ville.

La première ministre Jacinda Ardern a décrit l'une des "journées les plus sombres" jamais vécues par ce pays du Pacifique Sud, réputé paisible. Qualifiant cet attentat de "terroriste", elle a souligné qu'il était aussi le plus meurtrier contre des musulmans dans un pays occidental. L'assaillant présumé, un Australien de 28 ans, a été arrêté et inculpé de meurtres.

L'attentat a suscité une vague de condamnations dans le monde, du pape François à la reine Elizabeth II en passant par le président américain Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

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Que s'est-il passé ?

Vendredi, à l'heure de la prière de l'après-midi vers 13 heures, le terroriste a ouvert le feu à l'intérieur de la mosquée Masjid al Noor, située dans le centre de Christchurch, sur la côte est de l'île du Sud, tuant 41 personnes. Selon la presse néo-zélandaise environ 300 personnes étaient présentes dans la mosquée à cet instant.

Sept autres fidèles ont été abattus dans une autre mosquée située à cinq kilomètres de là, à Linwood, dans la banlieue de la ville, dont trois devant le bâtiment. Des témoins ont déclaré que des fidèles avaient été ciblés à bout portant. Un Palestinien présent a raconté avoir vu quelqu'un recevoir une balle dans la tête. Il a décrit des tirs en rafales et des scènes de panique, les gens s'enfuyant en courant "couverts de sang". Un autre homme a déclaré avoir vu des enfants être abattus.

Des attaques filmées en direct

Ces attaques terroristes ont été filmées et diffusées en direct sur Facebook par le tireur. Les images du tireur sont "extrêmement pénibles", a prévenu la police néo-zélandaise. Les autorités ont averti les internautes qu'ils pourraient encourir jusqu'à 10 ans de prison en cas de partage.

Cette vidéo publiée sur Facebook Live, réalisée avec une caméra apparemment fixée sur le corps du tireur, montre un homme blanc rasé de près aux cheveux courts conduisant sa voiture jusqu'à la mosquée Masjid al Nour. On le voit ensuit entrer dans l'édifice et tirer sur les fidèles en passant de pièce en pièce. 

Qui sont les victimes de l'attentat ?

Cet attentat a fait 49 morts et une dizaine de blessés. Pour l'heure aucune des personnes tuées n'a été identifiée. Toutefois, on sait que des ressortissants de plusieurs pays étaient présents dans les deux mosquées visées.

Parmi eux figuraient six Indonésiens, dont trois sont en sécurité, selon le ministre indonésien des Affaires étrangères Retno Marsudi qui ajoute que les recherches se poursuivent pour déterminer le sort des autres. Un Saoudien, deux Malaisiens, deux Turcs et un nombre non identifié de Jordaniens figurent parmi les blessés.

Selon un porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Genève, "de nombreux réfugiés et migrants se trouvent parmi les morts et les blessés".

De jeunes enfants sont au nombre des 48 personnes soignées à l'hôpital de Christchurch. Certains ont échappé de justesse au carnage, dont l'équipe nationale de cricket du Bangladesh arrivée à la mosquée Masjid al Noor quelques minutes après le début de la fusillade. L'équipe a vu "des gens ensanglantés sortir de la mosquée", a raconté leur manager Khaled Mashud.

Qui est le terroriste présumé ?

L'assaillant présumé des mosquées de Christchurch, est un Australien de 28 ans. Arrêté et inculpé de meurtres, il doit comparaître samedi devant le tribunal du district de Christchurch. Deux autres hommes sont en garde à vue, sans que l'on sache ce qui leur est reproché. Le premier ministre australien Scott Morrison a décrit le terroriste présumé comme un "violent terroriste extrémiste de droite".

Avant de passer à l'action, l'homme, qui se présente comme un blanc de la classe ouvrière aux bas revenus, a publié sur Twitter un "manifeste" raciste de 74 pages intitulé Le grand remplacement, en référence à une théorie née en France et populaire dans les milieux d'extrême droite selon laquelle les "peuples européens" seraient "remplacés" par des populations non-européennes immigrées.

Le document détaille deux années de radicalisation et de préparatifs. Il affirme que les facteurs déterminants dans sa radicalisation ont été la défaite à la présidentielle française de 2017 de la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen et la mort du petit Ebba Åkerlund à 11 ans dans l'attaque au camion-bélier de 2017 à Stockholm. 

De nombreuses images d'armes semi-automatiques publiées sur le compte Twitter lié au tireur étaient recouvertes de noms de personnages historiques, dont de nombreux  Européens ayant combattu les forces ottomanes aux XVe et XVIe siècle. 

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a affirmé que le principal suspect de l'attentat, qui a mentionné la France dans un document, n'était pas connu des services français et a proposé de l'aide au renseignement néo-zélandais.

Quelles sont les réactions de la communauté internationale ?

Rapidement après ces attaques, les réactions et les condamnations se sont multipliées dans le monde entier. Emmanuel Macron a condamné "des crimes odieux", assurant se dresser contre "toute forme d'extrémisme".

La reine Elizabeth II, cheffe d'État de Nouvelle-Zélande, s'est dite "profondément attristée par l'attaque effroyable".

Donald Trump a indiqué sur Twitter : "Mes plus sincères condoléances et mes meilleures pensées vont au peuple de Nouvelle-Zélande", évoquant "un horrible massacre".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part "fermement" condamné cet "attentat terroriste", assurant "maudire ceux qui l'ont commis". Il a ajouté que ce drame est "un nouvel exemple de la hausse du racisme et de l'islamophobie".

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ÉCLAIRAGE - Vendredi 15 mars à l'heure de la prière de l'après-midi, un terroriste de 28 ans, ressortissant australien, a abattu 49 fidèles dans deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch.
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2019-03-15 17:47:00
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