2 min de lecture Arabie Saoudite

Attaque en Arabie saoudite : les Houthis "jouent au plus fort", selon un expert

INVITÉ RTL - François Frison-Roche, chercheur au CNRS, estime que si les rebelles houthis du Yémen sont bien derrière l'attaque en Arabie saoudite, "ça montre une allonge supplémentaire." Mais il "doute qu'ils soient capables de tenir cet effort."

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Attaque en Arabie saoudite : les rebelles Houthis "jouent au plus fort" selon un spécialiste Crédit Image : HO / PLANET LABS INC. / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi édité par Paul Turban

Deux sites pétroliers ont subi une attaque impressionnante et destructrice au drone ce dimanche 15 septembre. Elle est attribuée aux Houthis. "Les rebelles houthis sont un clan, une famille, qui a réussi à prendre le contrôle de la moitié du pays, du moins la partie utile du Yémen, le Nord, où se concentrent 25 millions de Yéménites", explique sur RTL François Frison-Roche, chercheur au CNRS. "Ils tiennent une position très forte."

"Ils essayent, dans l’affrontement avec l’Arabie saouditede jouer au plus fort", selon François Frison-Roche. "Ils viennent d’en donner la preuve, si ce sont bien eux qui ont envoyé les drones. Ils ont manifestement épuisé leur stock de missiles balistiques. Ils bidouillent du drone avec des moteurs venus d’Allemagne ou de Chine selon un rapport de l’ONU. Déjà en mai dernier ils ont fait une attaque au drone, ainsi qu’en août. Là, ça montre une allonge supplémentaire, donc un renforcement de leur technologie."

"Mais je doute qu’ils soient capables de tenir cet effort", nuance le spécialiste de la région. "Le Yémen du Nord n’a pas d’industrie d’armement, ni d’usines capables de construire ces missiles, car cela fait quatre ans et demi que l’Arabie saoudite n’arrête pas de bombarder le pays. C’est un exemple de conflit asymétrique. Des rebelles dans le pays le plus pauvre réussissent à humilier le pays le plus riche et capable de se payer des armements les plus sophistiqués possibles."

Vers un embrassement de la région ?

Selon François Frison-Roche, les Houthis "ont sûrement des soutiens locaux. Ces rebelles sont un clan, plutôt qu’une unité géographique et humaine. Bien sûr, ils sont soutenus, au moins par l’Iran politiquement. Mais après quatre ans et demi de blocus, l’espace aérien est totalement sous contrôle saoudien, et l’espace maritime est contrôlé par la marine saoudienne et émiratie, on voit mal comment les Iraniens pourraient transmettre du matériel militaire."

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Si le conflit a pris une tournure confessionnelle entre les Saoudiens sunnites et les Houthis chiites zaydites, "au départ, c’est une mésentente sur l’autonomie régionale, rappelle le chercheur au CNRS. Il y a eu un projet de constitution qui fédéralisait le Yémen, et qui réduisait la portion zaydite, donc disons houthie, à quelque chose de tout petit et sans contact avec la Mer Rouge."


"Les Américains ont comme ennemi principal l’Iran donc ils veulent charger l’Iran", conclut le spécialiste. "Donc soit les Américains ont la preuve et ont l’arme au pied et pourraient agir contre l’Iran. Soit ils n’ont pas la preuve, et ils vont inciter l’Arabie saoudite à négocier avec les rebelles houthis pour que le conflit soit porté à conclusion."

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