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Présidentielle en Algérie : la Kabylie frondeuse veut "zéro vote"

La Kabylie, région frondeuse à l'est d'Alger, milite pour qu'aucun électeur ne vote à la présidentielle de jeudi 12 décembre.

Des manifestants contestataires de l'élection présidentielle en Algérie, dans la ville de Tizi Ouzou
Des manifestants contestataires de l'élection présidentielle en Algérie, dans la ville de Tizi Ouzou Crédit : RYAD KRAMDI / AFP
William Vuillez
William Vuillez
et AFP

À la veille de l'élection présidentielle en Algérie, la campagne de contestation fait rage en Kabylie, région frondeuse à l'est d'Alger. À Tizi Ouzou, les affiches électorales ont laissé place à des briques, devenues le symbole de l'opposition au scrutin. Des appels à une grève générale ornent les murs de la ville, signe de la mobilisation contre la présidentielle.

 "La grève est un coup de force contre l'élection. Nous voulons zéro vote ici", explique à l'AFP Amar Benchikoune, 38 ans, assis devant son magasin fermé. "Ici, il n'y a aucune chance qu'un seul électeur glisse un bulletin dans l'urne. D'ailleurs, il n'y a pas d'urnes ni de bureaux de vote", s'amuse Boudjemaâ Lakhdari, un commerçant de 36 ans

Depuis le début de la campagne électorale le 17 novembre, des manifestants ont muré la quasi-totalité des 21 sous-préfectures de la "wilaya" (département) de Tizi Ouzou, qu'ils soupçonnent d'abriter le matériel électoral (urnes, bulletins). "Ils veulent organiser le vote en catimini mais nous ne les laisserons pas faire", glisse Mokrane, 29 ans.

La brique comme bulletin

Durant les trois semaines de campagne, qui s'est terminée dimanche, aucun des cinq candidats en lice ne s'est hasardé à Tizi Ouzou ou Béjaia, l'autre grande ville de Kabylie. Dimanche, à quelques centaines de mètres de la sous-préfecture, où d'importants renforts de police équipés de casques et de boucliers étaient déployés, des dizaines de jeunes munis de briques et sacs de ciment se sont avancés, en file indienne, vers l'entrée du bâtiment.

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"Algérie libre et démocratique", ont scandé les manifestants après avoir élevé un mur de briques entre les montants de la porte d'entrée. Avec la campagne antivote, la brique est devenue l'objet fétiche des habitants de la région. Sur Facebook, nombreux sont ceux qui la mettent en guise de photo de profil avec l'inscription "bulletin de vote". "C'est notre façon d'exprimer notre rejet total du scrutin", explique Ouerdia, 55 ans, retraitée de l'Éducation.

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