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Accusations de viols dans l'armée : l'enquête confiée à des juges

Quatorze militaires français ont été accusés d'avoir violé des enfants en Centrafrique. L'enquête sera confiée à des juges d'instruction.

Un soldat français patrouille en Centrafrique, le 1er février 2014 (Illustration).
Un soldat français patrouille en Centrafrique, le 1er février 2014 (Illustration).
Crédit : JEAN-PIERRE CAMPAGNE / AFP
La rédaction de RTL & AFP

L'enquête française sur les accusations de viols d'enfants contre des soldats français en Centrafrique prend un nouveau tournant. Le procureur de la République de Paris a annoncé ce jeudi 7 mai qu'elle serait confiée à des juges d'instructions.

L'information judiciaire est ouverte "contre personne non dénommée des chefs de viols sur mineurs de quinze ans par personnes abusant de l'autorité conférée par leurs fonctions et complicité de ce crime", précise le procureur François Molins. Quatorze militaires français ont été mis en cause, dont trois identifiés, par les témoignages recueillis dans une note de l'ONU en 2014.

"Une enquête complexe"

Après avoir été saisi par le ministère de la Défense, le parquet avait ouvert une première enquête préliminaire fin juillet 2014. Aucun enfant ni militaire mis en cause n'a été entendu dans le cadre de cette enquête. Dans son communiqué, le parquet explique qu'il a d'abord voulu entendre la fonctionnaire de l'ONU rédactrice du rapport, mais que la demande de levée d'immunité nécessaire à cette audition a été refusée par les Nations unies. L'employée a finalement répondu par écrit et cette réponse est arrivée le 29 avril, selon le parquet.

Le rapport de l'ONU fait état des témoignages de six enfants, âgés de 9 à 13 ans,
qui dénoncent des abus sexuels commis par des militaires français de l'opération Sangaris, dans le camp de l'aéroport M'Poko à Bangui, entre fin 2013 et mai-juin 2014. L'affaire a été révélée par le quotidien britannique The Guardian la semaine dernière. L'ONU et le ministère de la Défense se sont défendus d'avoir voulu étouffer le dossier.

"Si quelqu'un a sali le drapeau, parce que c'est de cela qu'il s'agit, il faut qu'il le dise dès à présent, car cela revient à trahir ses camarades, l'image de la France et la mission des armées", a déclaré dimanche dans Le JDD le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Le ministre a évoqué une "enquête complexe", en soulignant que "depuis les faits allégués, la plupart des soldats ont quitté ce théâtre d'opérations".

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