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Olivia Grégoire, le 14 juin 2022.
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
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La transmission d'entreprises devient un sujet majeur pour l'économie française. Un quart des patrons de petites entreprises ont aujourd'hui plus de 60 ans. Autrement dit, une vague de cessions se prépare, avec un risque bien réel : faute de repreneur, des milliers de sociétés peuvent finir par fermer.
Olivia Grégoire a présenté un plan en 26 points pour favoriser ces transmissions. L'objectif est clair : éviter que des entreprises viables disparaissent simplement parce que leur dirigeant part à la retraite sans avoir trouvé de solution. D'ici 2030, 370.000 entreprises sont concernées, soit environ 7.400 par an. Il s'agit souvent de sociétés du quotidien : petits commerces, artisans, entreprises de services à la personne.
Le problème, c'est qu'aujourd'hui, seul un tiers des projets de vente d'entreprise aboutit. Dans les autres cas, le patron prolonge un peu son activité, puis l'entreprise finit par fermer. Le sujet dépasse donc largement la seule question patrimoniale. Il touche directement l'emploi local, l'activité dans les territoires et la continuité de savoir-faire parfois très ancrés.
Cette fragilité concerne une large partie du tissu économique français. Neuf entreprises sur dix emploient moins de 50 salariés. Quand ces structures disparaissent, ce sont des emplois qui s'effacent, des centres-bourgs qui se vident et des compétences qui s'évaporent.
La transmission d'entreprises pose aussi une question de souveraineté économique. Parmi ces PME et ETI, certaines sont des sous-traitantes essentielles pour de grandes filières industrielles, notamment dans l'automobile ou l'aéronautique. Lorsqu'elles changent de main, l'enjeu ne se limite pas au nom du propriétaire.
Au deuxième trimestre de cette année, 21 ETI, ces entreprises de taille intermédiaire qui constituent souvent l'ossature industrielle du pays, ont été vendues. À 11 reprises, le repreneur était un groupe étranger. Et dans ce cas, rien ne garantit que les emplois ou la production resteront en France.
Parmi les 26 mesures avancées, plusieurs reposent sur des incitations fiscales. L'une des idées consiste à exonérer d'impôt sur les bénéfices l'entreprise pendant la première année suivant sa reprise. En contrepartie, l'acheteur devrait maintenir la production et les emplois sur place.
Autre piste mise en avant : la "Team Reprise". Derrière cette formule, l'idée est de créer un entourage de mentors autour du chef d'entreprise qui veut céder sa société. L'objectif est de l'aider à anticiper, à choisir le bon montage et à éviter les erreurs. Car, très souvent, les petits patrons abordent la transmission trop tard, lorsqu'ils sont déjà épuisés ou pris par l'urgence.
Ces petites entreprises représentent un poumon économique majeur. Elles font travailler 3 millions de Français. Lorsqu'elles ferment faute de repreneur, ce n'est pas seulement une activité qui disparaît, mais aussi un emploi, un service de proximité et parfois tout un savoir-faire local.
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