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Un homme règle la température de son chauffage. (Illustration)
Crédit : Sina Schuldt / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP
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Les nuits deviennent plus fraîches et, avec elles, le chauffage redémarre dans de nombreux foyers. Mauvaise nouvelle pour les ménages qui se chauffent au gaz : les prix repartent à la hausse. Dès ce dimanche 1er novembre, le prix repère du gaz augmente de 6,6%, soit environ 12 euros de plus par mois en moyenne.
Cette hausse ne tombe pas de nulle part. Elle s'ajoute à une augmentation de 6,3% il y a quelques semaines, après une autre de 5,6% en septembre. Le prix repère concerne environ les deux tiers des abonnés au gaz, soit près de 6 millions de foyers. Selon la Commission de régulation de l'énergie, la facture de gaz des Français devrait progresser de 11% sur l'année, si la situation ne se dégrade pas davantage.
Pour les hausses les plus récentes, l'explication est d'abord conjoncturelle : le cours du gaz augmente sur les marchés. La matière première coûte plus cher, et cette hausse se répercute ensuite sur la facture des particuliers.
Le contexte géopolitique pèse aussi. L'Iran est le troisième producteur mondial de gaz naturel, et une partie du gaz naturel liquéfié transite par le détroit d'Ormuz. Dans un climat de guerre et de tensions, les marchés réagissent immédiatement, ce qui alimente la hausse des prix.
À cela s'ajoute un effet saisonnier très concret : à l'approche de l'hiver, la demande progresse. Le sujet était moins visible pendant l'été, mais il revient au premier plan avec la baisse des températures. Les pays européens affichent en plus un retard sur leurs stocks : ils sont remplis à environ 75% aujourd'hui, contre 90% à la même période lors d'une année normale. Cette pression supplémentaire contribue elle aussi à faire monter les tarifs.
Au-delà de la conjoncture, une tendance plus structurelle est à l'œuvre. Le nombre de Français qui se chauffent au gaz recule d'année en année. Ils sont 15% de moins qu'il y a cinq ans. Mais dans le même temps, le réseau, lui, ne rétrécit pas.
Il faut toujours entretenir près de 200.000 kilomètres de canalisations. Or ce coût, essentiel pour la sécurité d'une énergie explosive, est désormais réparti entre moins de foyers. C'est ce qui apparaît sur la facture à travers la TRD, l'accès des tiers au réseau de distribution.
Selon une étude européenne d'associations de consommateurs, cette part de la facture pourrait encore grimper de 40% d'ici à 2030 sous l'effet de cette baisse du nombre d'usagers.
Cette hausse s'inscrit aussi dans une évolution de fond. Le gaz est une ressource naturelle limitée : plus il est utilisé, plus il se raréfie, et plus son prix augmente. Surtout, il s'agit d'une énergie fossile, quand l'électricité est, elle, décarbonée.
Depuis deux ans, la France ne subventionne plus l'achat de chaudières à gaz, y compris les plus performantes. Et à partir de 2028, une évolution de la réglementation européenne pourrait renforcer le principe du pollueur-payeur. Concrètement, les ménages qui se chauffent encore au gaz pourraient être davantage taxés.
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