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"Une question de respect vis-à-vis du client" : en Meurthe-et-Moselle, une gérante ferme les pompes de sa station-service plutôt que de vendre du carburant trop cher

Refuser de vendre à perte ou à des prix jugés excessifs : c'est le choix de Julie Lahure, patronne d'une station-service à Mercy-le-Bas, qui a laissé ses cuves vides. Elle préfère orienter ses clients vers le Luxembourg voisin, où les tarifs restent plus bas.

Des pistolets de pompes à essence et à diesel dans une station-service à Paris, le 16 septembre 2026. (Illustration)

Crédit : Charlotte SIEMON / AFP

Carburants : en Meurthe-et-Moselle, une gérante préfère fermer les pompes plutôt que vendre trop cher

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Jérémy Descours & Dimitri Rahmelow

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À Mercy-le-Bas, petit village de Meurthe-et-Moselle, les pompes du Carrefour contact sont à l'arrêt. La station-service locale n'a plus une goutte de carburant, et ce n'est pas une panne. Sa gérante, Julie Lahure, a fait un choix assumé : ne plus réapprovisionner tant que les prix restent trop élevés.

Elle l'a annoncé à ses clients sur les réseaux sociaux et par une affiche collée près des pompes. Son message est clair : pas question, selon elle, de vendre du carburant à un tarif qu'elle juge excessif. "Je ne fais pas partie de ceux qui profitent pour faire des prix à 3 euros. Je refuse. C'est une question de respect vis-à-vis du client, vraiment", explique la gérante au micro de RTL.

La commerçante dit redouter un scénario perdant dans tous les cas. Si elle rachète du carburant à un prix très élevé et que les cours baissent ensuite, elle risque de se retrouver avec un stock impossible à écouler. Et si elle s'aligne sur la baisse, elle devrait vendre à perte. "Je n'ai pas de trésorerie moi", résume-t-elle.

"Que tout le monde fasse la même chose"

Selon Julie Lahure, la solution devrait venir d'une réaction plus large. "Que tout le monde fasse la même chose pour que justement l'État réagisse et baisse un peu les taxes, nous aide", plaide-t-elle. Quitte à renoncer à une marge mensuelle estimée à 1.500 euros, Julie Lahure préfère orienter ses clients vers le Luxembourg, situé à une vingtaine de kilomètres. Une recommandation plutôt bien accueillie sur place.

"Il est à 2,16 au Luxembourg le diesel, elle n'a pas tort", observe une cliente, Marilyn, au micro de RTL. Même compréhension chez Michel : "Pour ceux qui ont l'habitude ici, c'est vrai que ça peut être embêtant, mais vaut mieux aller plus loin". La gérante est d'ailleurs confrontée à la même situation que ses clients : elle aussi doit désormais aller faire son plein au Luxembourg. Et elle se dit prête à laisser ses cuves vides pendant plusieurs semaines.

Dimanche 20 septembre, le gazole a encore atteint un nouveau sommet, à 2,4097 euros le litre en moyenne en France, selon une analyse de l'AFP à partir des données publiques du site Prix-carburants.gouv.fr. 

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