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Fabienne et Damien sur RTL
Crédit : RTL
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Conséquence de la flambée des prix alimentaires et à la pompe, la précarité gagne du terrain en France. Dimanche 20 septembre, le coût moyen du gazole en France a atteint 2,41 euros le litre, deux jours après un précédent record à plus de 2,39 euros.
Une dégradation qui intervient dans un contexte de fortes tensions sur les carburants depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d'Ormuz.
Contraints par leur porte-monnaie, les plus précaires se retrouvent obligés de faire des sacrifices, se privant de produits alimentaires, de vêtements et de vacances. Plus inquiétant, certains craignent pour leur emploi, n'ayant plus les moyens de financer leurs déplacements.
Damien a 41 ans. Il est père d’un petit garçon, agent hospitalier à La Rochelle et habite à une trentaine de kilomètres de son lieu de travail, où il se rend en voiture. Il gagne à peu près 1.800 euros par mois, mais les dépenses pour l'essence, environ 300 euros par mois, pèsent considérablement sur son budget.
Fabienne, 60 ans, mère et grand-mère, est femme de ménage. Et comme des millions de Français, elle prend le volant tous les matins pour se rendre chez ses clients à Châtellerault (Vienne), ce qui correspond à des dépenses mensuelles de "300, 350 voire 370 euros", sur un salaire de 1.480 euros.
"Ça me met dans le rouge, même sans atteindre les 2,39 euros. Parce que, comme on dit, pas de véhicule, pas de travail. Et pas de travail, pas d'argent. Donc, c'est une boucle", déplore-t-elle au micro de RTL.
Conséquence de cette montée des prix, tous deux se retrouvent contraints d'exercer des arbitrages dans leurs dépenses. "Je ne fais aucun sacrifice pour mon fils. Moi, je fais beaucoup plus attention. J'ai changé ma manière de consommer. La viande, par exemple, les semaines où je n'ai pas mon fils, je n'en consomme pas", explique Damien.
Même chose pour Fabienne, qui raconte devoir faire attention à chaque dépense. "Le dernier steak que j'ai mangé, ça doit remonter à..., je ne sais même pas quand. (…) Je suis désespérée."
Et pour ce qui est du budget habillement, les deux confient également devoir faire des concessions. "Je n'achète plus rien de neuf", explique la sexagénaire, qui compte désormais sur les vide-greniers pour se vêtir et offrir des cadeaux à ses petits-enfants.
Damien, lui, porte ses vêtements jusqu'à l'usure. "Je suis resté des mois et des mois avec mes caleçons troués", confie-t-il. Aujourd'hui, il ne peut même pas changer ses pneus, indispensable pour un contrôle technique : "Je ne vais pas aller payer un contrôle technique qui va me faire payer une contrevisite. Donc, je suis en plus dans l'illégalité".
À ces sacrifices du quotidien s’ajoutent celui des vacances. "C'est la première année où je ne pars pas au ski. Cet été, pareil, nous ne sommes pas partis en vacances", affirme Damien.
Fabienne elle aussi, n’a plus les moyens de s'évader : "J'ai élevé ma fille toute seule, sans pension, sans rien. J'ai toujours travaillé. Je pouvais l'emmener tous les ans en vacances, une semaine au camping. Maintenant, je travaille encore plus. On habite à 10 minutes du Futuroscope et je ne peux même pas y emmener mon petit-fils parce que je ne peux pas payer la place !"
Vendredi 18 septembre, le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé sur TF1 que le dispositif "gros rouleurs" - une aide de 100 euros censée prendre fin le 30 septembre - serait prolongée. Trois millions de personnes en France sont cernées, dont Damien et Fabienne.
Mais malgré ce geste, le constat est le même chez les deux invités : ils se sentent abandonnés par l'État et sont en colère. "Si je gérais mon budget comme notre président gère l'État, je serais à la rue. Notre argent est gaspillé. On a des écoles qui fabriquent des énarques et après, on donne l'argent à des cabinets privés", explique Fabienne. Et d'ajouter : "Je vais avoir comme retraite 1.084 euros. Comment voulez-vous qu'on ne soit pas remonté sur tout ? J'ai du chauffage au gaz. Mais cet hiver, je vais mettre des pulls. Je ne vais pas mettre le chauffage au gaz, ce n'est pas possible. Et ça, ils ne s'en rendent pas compte."
"Quand on voit l'argent qui est balancé par les fenêtres, quand on voit le nombre de sénateurs, de ministres, de gens qui ne servent à rien et qui sont payés des milliers et des milliers d'euros...", renchérit de son côté le quadragénaire.
Des appels à une nouvelle mobilisation du mouvement, né en novembre 2018, ont récemment été relayés sur les plateformes numériques. S'ils étaient sur les ronds-points il y a 8 ans, participeraient-ils à une éventuelle renaissance du mouvement ? Oui, pour Fabienne.
Quant à Damien, il espère voir "des actions un peu plus parlantes". "Je suis allé déjà mardi à la première manifestation qu'il y a eu à La Rochelle. (...) En n'ayant plus d'argent pour des loisirs, je vais pouvoir consacrer mon temps libre à manifester mon mécontentement, ça c'est sûr", ajoute-t-il.
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