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Manuel Bompard sur RTL le 21 septembre 2026.
Crédit : RTL
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Face à la hausse des prix des carburants, l'exécutif a annoncé la prolongation des aides pour les agriculteurs, une partie des entreprises du BTP et les pêcheurs. De nouvelles mesures doivent être annoncées ce lundi 21 septembre, mais le gouvernement exclut toujours un plafonnement des prix, réclamé par La France insoumise.
"J'ai l'impression que le gouvernement est enfermé dans une forme de déni (...) j'ai l'impression qu'il y a un déni de réalité. Je ne comprends pas sinon comment le gouvernement peut continuer à s'entêter sur des mesures qui concernent quelques centaines de milliers de personnes alors que l'ensemble de la population est impactée", déclare le député LFI, Manuel Bompard, invité sur RTL.
Manuel Bompard défend une mesure centrale : le blocage des prix des carburants. Selon lui, une baisse des taxes ne suffirait pas et pèserait trop lourdement sur les finances publiques. Il plaide donc pour une action sur "les marges et sur les prix", en s'appuyant sur un dispositif prévu par le Code du commerce pour des circonstances exceptionnelles. "Mettre en place une mesure de blocage des prix, de fixation du prix", résume-t-il.
L'élu insiste sur le fait que l'effort ne devrait pas reposer uniquement sur l'État, mais aussi sur les acteurs du secteur pétrolier. Il affirme que "les marges de l'extraction et du raffinage du pétrole (...) ont été multipliées par 7,5" depuis le début de la crise, et dénonce des multinationales "en train de faire un jackpot pendant que tout le monde est en train de galérer dans sa vie quotidienne".
À l'objection d'un risque de pénurie, dans un contexte où la France importe une partie de son gazole, Manuel Bompard répond que cet argument "n'est pas vérifié par les faits". Il cite l'exemple du blocage des prix pendant la guerre du Golfe, ainsi que celui de La Réunion, où les prix sont encadrés. Selon lui, il ne s'agit pas de contraindre les petits distributeurs, mais de "bloquer le prix du gros, le prix en amont", là où se concentreraient l'essentiel des marges.
Au-delà des carburants, Manuel Bompard reprend la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'un "état d'urgence sociale". L'idée, explique-t-il, serait de créer un cadre permettant de déclencher rapidement plusieurs mesures exceptionnelles : blocage des prix, indexation des salaires sur l'inflation et hausse du salaire minimum.
"L'augmentation du SMIC, là aujourd'hui, on devrait augmenter les salaires", affirme-t-il. Le responsable insoumis défend désormais un SMIC à 1.700 euros net, contre 1.600 euros net déjà proposés lors de la présidentielle de 2022. À ses yeux, cette hausse ne ferait que compenser l'inflation accumulée ces dernières années. "Avec 1700 euros net on fait juste face à l'inflation", assure-t-il, ajoutant qu'"on ne peut pas vivre dans des bonnes conditions et dignement en France" avec un SMIC autour de 1.500 euros net.
Manuel Bompard reconnaît toutefois que toutes les entreprises ne sont pas dans la même situation. Il distingue les grands groupes, qui ont selon lui les moyens d'absorber une hausse salariale, et les petites et moyennes entreprises, qu'il propose d'accompagner par d'autres leviers : encadrement des délais de paiement, retour de tarifs réglementés de l'électricité ou régulation des loyers commerciaux.
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