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Une "envolée" des impôts : François Lenglet explique pourquoi l'amélioration des comptes publics cache une situation "catastrophique"

Les finances publiques françaises connaissent une légère embellie en 2025, avec un déficit moins important que prévu. Mais cette amélioration s’explique surtout par une hausse des impôts, tandis que les dépenses et la dette continuent de progresser à un rythme inquiétant.

Le ministère de l'Économie et des Finances dans le quartier de Bercy à Paris. (Illustration)

Crédit : Ludovic Marin / AFP

Réduction surprise du déficit... grâce aux impôts

00:03:07

Réduction surprise du déficit... grâce aux impôts

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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François Bayrou, ancien Premier ministre, s'est réjouit de voir le déficit du budget 2025 atterrir à 5,1%, soit 0,3 points de mieux que prévu. Une bonne surprise, mais il ne faut pas perdre de vue que cela ne modifiera probablement pas notre place de dernier dans le classement des pays de la zone euro. 

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), cette amélioration n'est pas due à une meilleure gestion de la dépense, mais à une envolée des recettes fiscales : +39 milliards d'euros pour les impôts l'année dernière, équivalent à une progression bien plus élevée que celle de la croissance économique. En résumé, la légère amélioration des comptes publics français s'explique par une augmentation des impôts.

Plusieurs impôts ont augmenté comme les taxes sur l'électricité en raison de la fin du bouclier tarifaire, les droits de mutation (les frais de notaire), ou encore les cotisations sociales, en raison de la diminution des allégements. Et de nouveaux impôts ont été créés, notamment la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises.

Le bilan des trois dernières années est catastrophique

Mais les dépenses continuent à augmenter. Elles avancent également plus vite que la croissance de l'économie. Leur part dans le PIB, équivalent à l'ensemble des richesses produites en France, ne cesse de grimper. 56,8% en 2023, 57% en 2024 et 57,2% en 2025. 
Du côté de la maîtrise de la dépense, le bilan des trois dernières années est catastrophique. Rien n’arrête l’extension de la consommation publique, malgré les diagnostics sévères qui se succèdent, de la Cour des comptes, de l’Europe, et des gouvernements eux-mêmes. En 2026 et en 2027, en raison des années électorales, cela ne va pas s'arranger. 

Le remboursement de la dette constitue le premier poste de dépenses de l'État

La dette a également augmenté de 154 milliards d'euros l'année dernière, pour s'établir à 115,6% du PIB. Pour l'essentiel, la hausse de la dette de l'État explique ce saut. En résumé, la situation budgétaire française continue de se détériorer, sans perspective d'amélioration significative. Le coût de la dette (la charge d'intérêt), a atteint 64 milliards d'euros l'année dernière, en hausse de +11% en 2025, après +14% en 2024. Un chiffre particulièrement inquiétant. 

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Cela signifie qu'en 2025, pour la première fois, le remboursement de la dette constitue le premier poste de dépenses de l'État, devant l'Éducation nationale hors pensions. Et ce n'est pas près de diminuer. Sur le mois de mars, la hausse des taux d’intérêt provoquée par la guerre au Proche-Orient coûterait en charge de la dette, si la hausse perdure, trois milliards d’euros supplémentaires sur une année, et plus de 25 milliards sur neuf ans.

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