2 min de lecture

Guerre en Ukraine, menace russe... : pourquoi, pour la première fois de l'histoire, les membres de l'OTAN consacrent 2% de leur PIB à la défense

Les pays membres de l’OTAN ont franchi un cap historique : pour la première fois, tous consacrent au moins 2% de leur PIB à la défense. Une hausse spectaculaire des budgets militaires, portée par la guerre en Ukraine, la pression américaine et la crainte d’une menace russe.

Symbole de l'OTAN (Illustration).

Crédit : Daniel Diaz / Pixabay

500 milliards de dépenses militaires en plus en 2025 pour les pays de l'Otan : bienvenue dans l'économie de guerre

00:03:30

500 milliards de dépenses militaires en plus en 2025 pour les pays de l'Otan : bienvenue dans l'économie de guerre

00:03:30

François Lenglet - édité par Alexian Giron

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Il y a dix ans, l'OTAN ressemblait à un club de golf où la moitié des membres ne payait pas leur cotisation. Actuellement, le changement est spectaculaire. En 2025, les 32 pays membres de l'Alliance atlantique Nord ont augmenté leurs dépenses de 20%. Cela représente au total plus de 500 milliards d'euros, quasiment le PIB de la Suède. 

Pour la première fois dans l'histoire de l'alliance, tous les membres respectent la règle d'un budget militaire à au moins 2% du PIB. Alors que seul un pays sur trois franchissait ce seuil en 2023. 

La guerre en Ukraine explique en partie cette envolée des dépenses militaires. D'ailleurs, les pays qui dépensent le plus sont ceux étant face à l'ours russe et ses menaces. La Pologne est à la première place avec 4,3% du PIB, suivie de la Lituanie à 4% et de la Lettonie à 3,74%. 

Donald Trump menace de se retirer de l'OTAN

Les pays baltes pressentent qu'ils peuvent être les prochains à subir une invasion. Depuis Pierre le Grand, ancien tsar russe, Moscou a l'obsession de dégager son accès aux mers chaudes, grâce au contrôle de la Crimée, et son accès aux mers froides, avec le contrôle des côtes de la Baltique. Du point de vue de Vladimir Poutine, la Crimée, c'est fait. Alors que les pays baltes, pas encore. Donc ils s'équipent. 

À lire aussi

Le grand changement étant la pression exercée par Donald Trump, avec la menace de se retirer de l'OTAN si les Européens ne mettaient pas la main au portefeuille. Combiné à la menace russe, ce chantage a été très efficace. 

La France a également augmenté considérablement le budget de la défense, comme l'explique Emmanuel Macron, en assurant que le budget aura doublé sous sa présidence. C'est vite dit. Il s'agit d'un doublement si l'on compare 2017 et 2030. Une date postérieure à la fin de son mandat. D'autre part, il s'agit d'euros courants et en tenant compte de l'inflation, le doublement n'est pas acquis. 

La chute du mur de Berlin a donné un sentiment de sécurité

En réalité, la France est à 2,05% de son PIB consacré à la défense, contre 2,04% l'année précédente. Pas d'évolution en termes réels, et une place médiocre dans le classement de l'OTAN, avec à peine la moyenne. Le pic en matière de dépenses militaires a été atteint en 1953, avec près de 8% du PIB, quatre fois plus qu'en 2026, équivalent à 240 milliards d'euros actuels. 

Dans les années 1980 et la chute du mur de Berlin, cela a fortement dégringolé. La France a eu le sentiment d'être en sécurité. Le point le plus bas a été atteint en 2018, à 1,8% du PIB, provoquant la démission du général Pierre de Villiers. Depuis, la France dépense davantage, mais peine à réinvestir dans son armée, à cause de la détérioration significative de la situation budgétaire.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info