2 min de lecture L'édito économique

Un rapport de l'institut Montaigne démonte les idées reçues sur les quartiers pauvres

ÉDITO - Dans son rapport, Hakim El Karoui pointe le dynamisme économique de ces zones et préconise d'investir davantage dans l'éducation et la justice.

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Un rapport démonte les idées reçues sur les quartiers pauvres Crédit Image : Philippe LOPEZ / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet édité par Florine Boukhelifa

Un rapport de l’institut Montaigne démonte plusieurs idées reçues sur les quartiers pauvres en France. Dans ce document, le consultant et essayiste Hakim El Karoui explique que ces quartiers comptent pour 8% de la population française, soit 5,5 millions de personnes


On en retrouve sur 200 communes environ, disséminés sur l'ensemble du territoire. Ces quartiers sont plutôt en banlieue des grandes villes comme en Seine-Saint-Denis et dans les villes moyennes comme Béziers ou Perpignan. Il y a deux fois plus de jeunes qu’ailleurs et sensiblement plus d’immigrés. Entre 1982 et 2015, les immigrés sont ainsi passés de 15,5% de la population de Seine-Saint-Denis à 29,7%.

Le dynamisme économique de ces zones est parfois spectaculaire. Le chômage concerne surtout les villes moyennes, où peu d'opportunités économiques sont offertes. Notamment dans les anciens bassins industriels, dans l’Est et le Nord de la France. La situation est différente à proximité des grandes agglomérations. Selon Hakim El Karoui, c'est en Seine-Saint-Denis que la croissance de l'emploi a été la plus forte en France, entre 2007 et 2018.

De nombreux emplois ont été créés à la lisière de la métropole parisienne grâce aux faibles coûts de l’immobilier et à la présence de puissantes infrastructures de transport qui relient la banlieue au cœur urbain. Des emplois qui servent parfois d’ascenseur social, dans les secteurs du service, du transport, de la logistique, de l'entreposage ou encore du commerce.

Investir dans d'autres domaines que la rénovation

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Le rapport montre également que la "France périphérique", celle des territoires ruraux, est plutôt mieux équipée en services publics que ne le sont les quartiers pauvres. Par exemple, il n'existe que 1.100 emploi hospitaliers pour 100.000 habitants en Seine-Saint-Denis, alors que la moyenne nationale est de 1.800. Le département possède deux fois moins de policiers que l’Indre, alors que les vols à main armée y sont vingt fois plus nombreux.

Autre indicateur, les revenus de transferts sociaux. 6.800 euros par an et par habitant en moyenne en France, alors qu’ils ne sont qu’à 6100 euros dans le département de la banlieue parisienne défavorisée. Une situation en partie expliquée par une plus jeune population qu'ailleurs, avec moins de retraités. Ce chiffre demande quand même à être nuancé, car les retraités immigrés sont bien souvent repartis dans leur pays d'origine. Ils devraient donc être réintégrés au plan statistique.
 
Dans son rapport, Hakim El Karoui constate ainsi que l’argent mis dans la Ville n’est pas si important, 3 milliards d'euros par an. Ces sommes sont principalement utilisées pour la rénovation des bâtiments, comme si c’était le problème unique. Pourtant, il faudrait aussi se concentrer sur les moyens alloués à l’Éducation, à l’Intérieur et à la Justice.

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