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Tel Ulysse face à Charybde et Scylla, "la France est prise au piège entre la crise sociale et la crise financière", dénonce François Lenglet

L'explosion du prix du carburant creuse la différence entre France urbaine et rurale. Dans ce contexte économique déjà tendu, la France annonce de nouvelles crises.

De l'argent, en monnaie (image d'illustration)

Crédit : BELPRESS/MAXPPP

Le prix des carburant risque encore de grimper cette semaine

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Le prix des carburant risque encore de grimper cette semaine

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François Lenglet - édité par Marie-Lys de Fremond

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Après la flambée des prix à la pompe, la colère monte un peu partout en France, le tout sur fond de crise financière qui s'esquisse. Une équation impossible et presque tragique, tel Ulysse le héros d'Homère qui doit traverser un détroit bordé par deux dangers terribles, Charybde et Scylla. La France cherche un passage impossible entre la crise sociale et la crise financière : elle s'approche de l'un ou doit se confronter à l'autre, elle est prise au piège.

Le révélateur est l'augmentation du prix du carburant qui ne cesse de grimper et fait augmenter le risque de crise sociale. Un chiffre n'a pas assez été commenté : il y aurait aujourd'hui 22% des ménages français possédant une voiture qui engloutissent plus d'un mois de revenus dans leur réservoir. 


C'est une moyenne considérable. Le chiffre est plus faible dans les zones urbaines grâce au transport collectif, mais il est plus élevé en zone rurale. À la campagne, il y a près de 30% des ménages dans cette situation, la plupart du temps des actifs qui sont contraints d'utiliser leur voiture pour travailler. Ce sont des ménages modestes, souvent avec un seul salaire, parfois des familles monoparentales. 

Il y a là une sérieuse détresse économique, et le prix du carburant risque d'augmenter encore. Ce vendredi 11 septembre, les attaques houthistes en mer Rouge ont condamné le détroit de Bab el-Mandeb, l'itinéraire bis des pétroliers pour éviter le détroit d'Ormuz.

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De nouvelles aides pourraient être nécessaires, sauf à asphyxier la France modeste des campagnes. Le problème, c'est que tout signal de dépenses supplémentaires peut déclencher le tourbillon de l'autre monstre, la crise financière.

Un cercle vicieux

Les marchés financiers sont très nerveux, et ils le sont encore davantage avec les pays mal gérés comme la France. Le risque est de voir monter nos taux d'intérêt encore davantage avec un cercle vicieux : plus on dépense, plus le déficit se creuse, plus les taux d'intérêt montent, ce qui ralentit l'activité économique du pays et creuse encore le déficit. 

Plus les investisseurs voient que le pays s'enfonce, moins ils prêtent, ce qui fait grimper davantage les taux. En fait, la France paye l'irresponsabilité des années Macron, qui nous expose plus que jamais aux aléas, notamment internationaux. C'est le paradoxe : le président fait d'innombrables discours sur la souveraineté française et européenne, et la politique qu'il a conduite nous laisse complètement démunis face au choc pétrolier. 

Nous n'avons jamais été aussi peu souverains qu'aujourd'hui. En matière énergétique, notre seul atout est le nucléaire, et il date de plus de 50 ans. En matière financière, nous avons brûlé toutes nos marges de manœuvre, avec peu d'espoir de les reconstituer parce que le pays est en croissance zéro et que le niveau des impôts est au plus haut. Cette équation, ce dilemme, s'imposera au futur locataire de l'Élysée.

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