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"Il désigne une autre cible que lui" : l'État peut-il plafonner le prix des carburants, comme le demande Michel-Édouard Leclerc ?

Michel-Édouard Leclerc juge "inéluctable" un plafonnement des carburants alors que le sans-plomb 95 a dépassé les 2 euros le litre en moyenne. Bercy réunit ce mercredi 9 septembre les distributeurs pour tenter de sortir de la crise.

Carburant - pompe à essence. (Illustration)

Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP

Plafonner les prix de l'essence ? Non

00:02:28

Plafonner les prix de l'essence ? Non

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Ces derniers jours en France, le sans-plomb 95 a atteint le prix de 2,09 euros en moyenne, au plus haut depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Alors que le ministère de l'Économie accueille ce mercredi 9 septembre les distributeurs, le président de grande surface Michel-Édouard Leclerc considère que c'est à l'État d'imposer un plafond des prix du carburant. Le président de l’enseigne E.Leclerc. a même assuré mardi sur Europe 1 et CNews que ce plafonnement était "inéluctable".


Le plafonnement des prix à la pompe est possible, TotalEnergies le fait déjà : il stabilise les prix en station en perdant un peu d'argent à la vente, mais en puisant dans les gros bénéfices qu'il produit par ailleurs. Quant à savoir si l'État peut plafonner les prix des carburants, il l'avait déjà mis en place en plein choc pétrolier en 1979. 

Le gouvernement impose un tarif maximal dans les stations-service et réétudie la situation à intervalles réguliers. L'État pourrait donc décider de stopper le prix du diesel à 2,25 euros. Mais il n'y aurait plus une seule station-service ouverte dans le pays si le prix réel du litre était à 2,40 euros.

Pour qu'un système de plafonnement étatisé fonctionne, il faut que l'État compense le manque à gagner. Autrement dit, qu'il paie la différence. Alors en passant de 1,70 euros en janvier à 2,40 euros dans quelques semaines, l'État gagnerait 14 centimes de plus de TVA par litre. Le gouvernement devrait rembourser 15 centimes par litre à chaque station en imposant un prix à 2,25 euros.

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Mais dans cette hypothèse, le rapport entre le gain sur la TVA et le coût à rembourser aux stations ne serait pas rentable. Ainsi, les rentrées de TVA ne couvrent pas la baisse de consommation qui existe, sans oublier que l'État aide déjà au carburant. Il n'a donc pas les moyens de plafonner.

Si Michel-Édouard Leclerc évoque cette solution, c'est parce qu'il n'a pas les moyens de s'aligner sur les tarifs plafonnés par TotalEnergies, qui raflent l'ensemble du marché en ce moment. Il laisse ainsi entendre que c'est l'État qui ne lui donne pas les moyens techniques d'être moins cher. Et il sait aussi que ses clients fuel, ils sont nombreux, vont être assommés par les tarifs au moment de remplir la cuve dans quelques jours. Il désigne ici une autre cible que lui. 

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