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Shein, Temu, AliExpress : en quoi consistent les nouveaux "frais de traitement" sur les colis importés hors d'Europe ?

À partir du 1er novembre, l'Union européenne appliquera 2 euros de "frais de traitement" sur les colis importés d'un pays tiers dans le cadre de ventes à distance. Cette mesure s'ajoute à la taxe de 3 euros sur les petits colis et vise à renforcer les contrôles douaniers face à l'afflux de produits chinois achetés en ligne.

Des colis sont triés au centre de distribution de la poste belge bpost à Fleurus, le 24 novembre 2020.

Crédit : VIRGINIE LEFOUR / BELGA / AFP

AFP

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L'Union européenne va renforcer sa riposte face à l'explosion des achats en ligne de produits importés, en particulier depuis la Chine. À compter du 1er novembre, des "frais de traitement de l'Union" de 2 euros s'appliqueront à tous les envois issus d'un pays tiers dans le cadre de ventes à distance, quelle que soit la valeur des articles commandés.


Cette nouvelle ponction s'ajoute à la taxe européenne de 3 euros instaurée en juillet sur les colis importés d'une valeur inférieure à 150 euros. Comme cette taxe sur les "petits colis", les frais de traitement seront dus pour chaque catégorie d'articles déclarée dans un même paquet.

Concrètement, un colis contenant vingt casquettes ne donnera lieu qu'à 2 euros de frais. En revanche, un envoi comprenant des casquettes, des tee-shirts et des ceintures sera taxé à hauteur de 6 euros, en raison du mode de déclaration douanière des produits.

Des frais payés par les vendeurs

Ces frais ne doivent pas être facturés directement aux consommateurs. Ils devront être réglés par les plateformes, les vendeurs ou leurs intermédiaires. Mais rien n'empêche les commerçants de répercuter cette charge dans leurs prix, comme certains l'ont déjà fait ces derniers mois pour compenser la taxe sur les petits colis.

Bruxelles justifie cette mesure par la nécessité de financer des contrôles douaniers renforcés. L'objectif est de mieux faire face à l'arrivée massive de marchandises achetées sur des plateformes basées en Asie, comme Shein, Temu ou AliExpress.

Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l'Union européenne en 2025, soit plus de 180 par seconde. C'est quatre fois plus qu'en 2022. Selon les chiffres avancés, 93 % de ces envois provenaient de Chine.

Contrôles renforcés et réforme durable

Face à une telle avalanche de marchandises, qui creuse le déficit commercial européen, il est impossible de contrôler systématiquement les colis. Cela permet à des produits dangereux ou contrefaits de passer entre les mailles du filet.

À écouter aussi

Industriels et commerçants européens dénonçaient de longue date une concurrence déloyale et plusieurs pays, France en tête, ont poussé l'UE à agir pour endiguer le phénomène.

La taxe de 3 euros mise en place en juillet a déjà produit des effets sensibles : les flux de petits colis ont reculé d'environ 64 %, même si la Commission européenne juge encore prématuré d'en tirer des conclusions définitives.

Quelles sont les prochaines étapes?

Les frais de traitement, décidés dans le cadre d'une réforme en profondeur du système douanier des Vingt-Sept, sont une mesure permanente. Mais leur montant sera revu tous les deux ans pour suivre l'évolution du coût des vérifications douanières. Des frais spécifiques, au montant réduit, seront par ailleurs applicables à partir du 1er juillet 2028 aux colis transitant dans des entrepôts spécialisés.

Comme pour la taxe de 3 euros, à des fins d'harmonisation du marché européen, les pays de l'UE qui avaient mis en place leurs propres frais de traitement à l'échelle nationale ont dû y renoncer. Enfin, la taxe de 3 euros disparaîtra en juillet 2028. Les petits colis seront alors soumis aux droits de douane européens, au même titre que les autres envois.

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