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Prix du porc : deux industriels partent au bras de fer avec le gouvernement

La Cooperl et Bigard/Socopa estiment le prix du kilo de viande trop élevé par rapport aux concurrents européens.

Une manifestation d'éleveurs à Caen, mardi 21 juillet
Une manifestation d'éleveurs à Caen, mardi 21 juillet
Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Deux industriels majeurs de la transformation de viande, la Cooperl et Bigard/Socopa, n'ont pas participé lundi au Marché du Porc Breton (MPB) à Plérin (Côtes d'Armor). Les deux industriels jugent trop cher le cours du porc, fixé à 1,40 euro le kilo avec le gouvernement à la mi-juin, pour soutenir les éleveurs en difficulté, a-t-on appris auprès des acteurs de la filière. "La Cooperl et Bigard/Socopa nous ont annoncé qu'ils ne participeraient pas au marché ce lundi", a déclaré Jean-Pierre Joly, directeur du MPB dont les cours, fixés deux fois par semaine, servent de référence au plan national.

Le prix actuel du porc s'établit à environ 1,40 euros le kilo, objectif fixé par le gouvernement à la mi-juin avec les acteurs de la filière pour tenter de résoudre la crise traversée par les éleveurs de porcs français. Mais les industriels de l'abattage l'estiment trop élevé par rapport aux concurrents européens. 

La production ne se soucie pas "du devenir des abattoirs"

Selon un communiqué du syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP), la production, "soutenue par les pouvoirs publics (...), obtient les prix les plus élevés d'Europe, sans trop se soucier du devenir des abattoirs", alors qu'en face "le secteur charcuterie-salaison considère que les viandes européennes sont meilleures que les viandes françaises (elles sont en réalité moins chères)" et que la grande distribution "n'a pas encore renoncé à sa politique de guerre des prix".

Dans un courrier daté du 6 août envoyé à ses adhérents, la Cooperl explique que pendant qu'"une volonté 'politique' de court terme a réussi à porter le cours à 1,40 euro", "l'Allemagne abaissait brutalement son prix d'achat" et "à ce jour, 25 centimes séparent le cours français du cours allemand".

Un chantage

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"Les capitaux de la Cooperl sont la propriété de ses adhérents, ils n'ont pas vocation à financer un cours politique, pour tenir la tête hors de l'eau à une partie de la production française", estime la coopérative. "Notre effort ira en totalité à l'abattage et à la valorisation des porcs de nos adhérents" ajoute la Cooperl, qui annonce en revanche la suspension de ses achats externes au cadran à compter de lundi.

Paul Auffray, le président de la Fédération nationale porcine (FNP), a dénoncé lundi un "chantage et une prise en otage des éleveurs" par Bigard et par la Cooperl, qui "voudraient que les prix baissent de 15 centimes par kilo" par rapport à leur niveau actuel.

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