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Bernard Arnault, PDG de LVMH, arrive à l'Elysée à Paris, le 6 mai 2024.
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
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"On reparlera de ça dans sept ou huit ans". La position du PDG de LVMH Bernard Arnault sur la succession de l'entreprise est claire. Lors de l'Assemblée générale du groupe leader mondial du luxe ce jeudi 23 avril 2026, le chef de file de 77 ans a clairement indiqué qu'il n'était pas près de raccrocher.
Il est vrai qu’au plan des statuts de l’entreprise, le dirigeant a le temps. En 2025, il a été prolongé pour dix ans par l’Assemblée des actionnaires, malgré son âge avancé. Ces derniers ont voté quasi-unanimement cette disposition, à 99%.
On ne peut pas dire que leur argent ait été mal utilisé, avec le développement extraordinaire du numéro un du luxe dans le monde et de ses quelques 70 marques. Valorisée à plus de 200 milliards d'euros, la multinationale reste la première capitalisation à la Bourse de Paris.
Ces derniers temps, l'entreprise traverse des difficultés. Une "crise de riche" qui reste tout de même problématique. Le moment n'est donc pas au changement de capitaine.
À l'origine, LVMH est le fruit d'un pari génial sur la mondialisation de l’économie et le développement d’une classe aisée sur tous les continents, qui allait adopter les codes du luxe occidental et français. Quand Karl Marx avait dit "prolétaires de tous les pays, unissez-vous", Bernard Arnault penchait plus sur le discours "bourgeois de tous les pays, achetez un sac Louis Vuitton". Le plan a formidablement marché.
Sauf qu'aujourd'hui, le cours a perdu 47% par rapport au plus haut de l’action il y a trois ans. À sa décharge, les concurrents Kering et Hermès ont aussi dévissé en Bourse. C’est le modèle économique du luxe qu’il faut revisiter. Voilà la principale mission qui va l’occuper dans les temps qui viennent.
Bernard Arnault n'a pas de successeur désigné, car LVMH est une entreprise familiale. La famille Arnault détient un peu plus de 50% des actions et autant de droits de vote. L’un de ses enfants est donc attendu à la succession.
Les cinq Arnault junior travaillent tous dans l’entreprise et occupent des postes à responsabilité. On ne peut néanmoins pas dire que l’un d’entre eux se soit détaché. Leur père a lui-même pris le soin de ne privilégier personne jusqu’ici.
Bernard Arnault devra pourtant prendre une décision avant dix ans, pour sécuriser l’avenir de l’entreprise. "’C'est l’acte le plus important et le plus difficile pour un patron. Et c’est là-dessus que se joue le vrai bilan d’un dirigeant", m'a répondu Peter Drucker, l'un des plus grands gourou du management du 20ᵉ siècle, lors d'une visite en Californie.
Un patron visionnaire qui ne sait pas s’arrêter à temps ou qui se trompe dans le choix du successeur compromet ses réussites. Encore faut-il aussi savoir se retirer de la scène quand on l’a nommé. Le fondateur d’Apple Steve Jobs, en nommant son successeur Tim Cook, lui avait dit "Ne te demande jamais ce que j’aurais fait à ta place, mais fais ce que toi, tu juges bon pour l’entreprise". Un grand défi attend donc l'historique président de la maison mère de Louis Vuitton.
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