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"Les batteries françaises ont été un échec" : François Lenglet alerte sur la crise qui freine Peugeot, Citroën et Renault

Les arrêts de production annoncés chez Stellantis à Sochaux et Rennes illustrent les difficultés persistantes de la filière française de la batterie. Malgré des investissements massifs, les usines tricolores peinent encore à suivre la demande croissante pour les véhicules électriques.

Le logo du groupe Stellantis. (Illustration)

Crédit : MARCO BERTORELLO / AFP

Des commandes mais plus de batteries : chômage partiel chez Stellantis

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François Lenglet

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Les usines Stellantis de Sochaux et de Rennes vont être mises à l'arrêt dès ce 22 et 23 octobre 2026 pour une dizaine de jours. Cela va déclencher un chômage technique pour les salariés de l'usine. Ce sont les modèles 3008 et 5008 électriques de Peugeot, ainsi que la C5 de Citroën qui vont connaître des retards de production.

La cause de cet arrêt est la concomitance d'une forte demande pour les véhicules électriques - en septembre, ces voitures ont représenté 42% des ventes de neuf - et d'une pénurie de batterie du fournisseur français ACC (Automotive Cells Company, ndlr), installé à Douvrin, dans le Pas-de-Calais. On manque en particulier des batteries longue autonomie, qui permettent de faire plus de 600 kilomètres avec une seule charge.

Des milliards investis, mais une filière encore en échec

Comment peut-on manquer de batteries françaises alors qu'on a lancé en grande pompe plusieurs usines, dans les Hauts-de-France notamment ? Malgré des milliards d'euros de subventions publiques, les batteries françaises ont été un échec. ACC, filiale de TotalEnergies, de Stellantis et de Mercedes, fait face à des problèmes techniques redoutables pour la fabrication des cellules. 

L'usine a d'ailleurs changé de patron tout récemment, dans l'espoir de redresser les rendements et de diminuer les rebuts. Et cela commence à aller un peu mieux. Verkor, autre acteur français, filiale de Renault, est tout aussi décevant. Il connaît également des cadences de production insuffisantes, et son patron a changé en 2026. Lui aussi ralentit la production de voitures électriques françaises, celle d'un modèle Alpine de Renault en particulier. Quant au projet d'usine du taïwanais Prologium, à Dunkerque : lui aussi est encore dans les limbes. 

Que peuvent faire les constructeurs français ? ACC a fait venir des ingénieurs chinois pour superviser la production. Cela fait mal à la souveraineté, mais c'était indispensable pour disposer du savoir-faire nécessaire et relancer la production. Dans le même temps, les constructeurs se réorientent vers les fournisseurs asiatiques, qui détiennent 85% du marché mondial de la batterie. Stellantis construit une usine géante en Espagne avec le géant CATL, numéro un mondial, pour plus de quatre milliards d'euros. Renault s'est adressé à un Coréen pour équiper ses Alpine.

Pourquoi fabriquer des batteries reste si difficile

Est-ce si compliqué de fabriquer des batteries ? Il y a des difficultés techniques bien réelles, dans la superposition de couches extrêmement fines pour constituer les cellules des batteries.

À cela s'ajoutent des problèmes de chaîne d'approvisionnement déficiente pour les matériaux, les terres rares notamment. Enfin, un manque de compétences spécialisées chez nos ingénieurs. Les Chinois ont patiemment acquis ces compétences et constitué les filières d’approvisionnement, car ils ont commencé dix à quinze ans avant nous.

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