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Pourquoi les créations d'entreprises explosent-elles en France, surtout chez les jeunes ? "La mythologie start-up est passée par là", décrypte François Lenglet

Record historique pour les créations d'entreprises en France : près de 120.000 immatriculations en septembre, portées en grande partie par les micro-entrepreneurs. Un mouvement de fond qui traduit, notamment chez les jeunes, un rapport plus décomplexé à l'entreprise.

Une start-up. (Illustration)

Crédit : Pixabay

Bonne nouvelle : le nombre record de création d'entreprises en septembre en France

00:03:27

Bonne nouvelle : le nombre record de création d'entreprises en septembre en France

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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Jamais l'Insee n'avait enregistré un tel chiffre. En septembre 2026, les Français ont créé 4.000 entreprises par jour, soit près de 120.000 sur le mois. C'est un record depuis presque 30 ans. La hausse est en réalité quasi-continue depuis 2017, si l'on excepte la période du Covid. Le nombre d'entreprises immatriculées actuellement est deux fois et demie supérieur à celui d'il y a dix ans. Un bond considérable. 

De quelles entreprises s'agit-il ? Les deux tiers de ces nouvelles venues sont des micro-entreprises, qui profitent d'un régime ultra-simplifié au plan réglementaire et fiscal. Il est réservé aux petites affaires, en deçà de 80.000 euros de chiffre d'affaires annuel pour la prestation de services, et 200.000 euros pour la revente. Pour le reste, ce sont des sociétés classiques, avec un ou plusieurs actionnaires.

Quant aux domaines qui déchaînent l'esprit d'entreprise de nos compatriotes : ce sont le soutien aux entreprises, du nettoyage jusqu'à l'intelligence artificielle. Ainsi, le secteur de l'information et de la communication fait un véritable carton, avec plus de 40% d'augmentation sur un an. Le commerce est lui à +14%. Même la construction et l'industrie manufacturière sont en hausse significative. La lanterne rouge ? Ce sont les activités de finance et d'assurance, en forte chute.

Un signal positif, mais pas si simple à lire

La progression des créations d'entreprise est-elle le signe d'une bonne santé ? Globalement, oui. Même si c'est en réalité difficile à interpréter, car l'essor de la micro-entreprise peut être lié à la progression du chômage - on ne trouve pas d'emploi salarié, donc on se lance à son compte. Ou bien la conséquence d'un salaire qui ne progresse pas : on complète ses revenus avec des petits contrats en parallèle de son statut de salarié. 

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Mais quand on regarde la courbe sur dix ans, on la voit progresser de façon régulière, indépendamment de la conjoncture. C'est donc le signe que les Français, qu'on dit parfois hostiles à l'entreprise et à l'économie de marché, hésitent moins à se lancer qu'auparavant. Ils renouent avec la tradition des Français entrepreneurs, qui était très vivace au 19e siècle. Ceci est d'autant plus visible chez les jeunes, en particulier en Île-de-France, en Normandie et en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Pourquoi les jeunes se lancent davantage

Cette tranche de la population est moins tentée de débuter sa carrière dans les grandes structures multinationales, qui lui semblent lourdes et sans véritables responsabilités. Les jeunes veulent l'indépendance et la liberté : la mythologie start-up est passée par là. Tant mieux.

Ces entreprises réussissent-elles à durer dans le temps ? Un élément de réponse se trouve dans les chiffres des faillites, qui augmentent eux aussi. Mais le solde net reste largement positif et un entrepreneur qui a tenté le coup, même s’il échoue la première fois, sera beaucoup plus enclin à en faire un nouvel essai.

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