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Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès et enseignant en sciences politiques à l'Ecole polytechnique, invité sur RTL le 27 octobre 2026
Crédit : RTL
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Un "état de tension et d'inquiétude". En déplacement à Marseille lundi, Emmanuel Macron a déclaré qu'il n'était "pas normal" que le pays soit dans un tel "état d'ébullition" à six mois de l'élection présidentielle. Les manifestations s'enchaînent en France, entre mouvement des lycéens et mobilisation contre la vie chère, "c'est particulier d’avoir un mouvement aussi massif et multiforme aussi proche d’une élection", analyse Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès, au micro de RTL mardi 27 octobre.
Ce genre de mobilisation arrive habituellement "plutôt dans un temps froid de la vie politique" et est "davantage défensif, quand il y a un projet de loi ou une mesure annoncée par le gouvernement". Mais actuellement, la France est "dans un tel état de tension et d'inquiétude au sein de la société française que finalement, on a une agrégation de ces inquiétudes et de ces peurs".
D'après des chiffres récoltés en septembre par le politologue après des nouvelles vagues d'enquête, 66% de la population française se dit inquiète ou angoissée soit "une augmentation de 25 points en l'espace de 5 ans". "Et ça se lie également à une volonté de transformation, soit radicale, soit en profondeur de la société, qui a également augmenté de manière considérable. Aujourd'hui, c'est 80% de la société française. En 2023, c'était 59%."
Pour Antoine Bristielle, "les niveaux de peur en France sont particulièrement élevés et plus que dans d’autres pays européens" avec une "peur qui se mêle à une forme de colère". Cela entraîne une demande plus forte de transformation de la société et donc des choix électoraux différents : Jean-Luc Mélenchon augmente de 9 points et Marine Le Pen de 10 points.
Pour le politologue, la France est dans un état de "polarisation affective". "Ça ne veut pas forcément dire qu'on a des opinions plus radicales, plus tranchées, mais qu'on déteste de plus en plus les groupes sociaux qui ne pensent pas la même chose que soi, et également que l'on se regroupe avec des personnes qui pensent exactement la même chose que soi", analyse-t-il sur RTL.
Et actuellement en France, "les phases d'élection ne réussissent pas à régler ces tensions" qui agitent la population française. Pour Antoine Bristielle, il est "compliqué" d'être "optimiste sur l'avenir". "Je pense qu'il y a une nécessité également de comprendre que la société est diverse et qu'on n'a pas un grand camp qui dominerait la société et la vie politique. Il faut prendre aussi en compte les aspirations des personnes qui pensent différemment et prendre justement la France dans toute sa diversité d'opinions."
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