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Pour s'implanter en France, AirBnB mise sur la coopération avec les pouvoirs publics

AirBnB a annoncé mardi qu'il deviendra collecteur de taxes pour la Ville de Paris le 1er octobre, confirmant sa volonté de se développer en accord avec les pouvoirs publics.

Vue aérienne de Paris (illustration)
Vue aérienne de Paris (illustration)
Crédit : FRANCK PENNANT / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Pendant qu'Uber multiplie les déstabilisations à l'égard des compagnies de taxis et joue la carte de la guérilla juridique face aux autorités, AirBnB donne des gages au gouvernement. La première plateforme de réservation d'hébergement communautaire dans le monde a annoncé mardi 25 août dans un communiqué qu'il collectera dès le 1er octobre la taxe de séjour pour le compte de ses hôtes à Paris, première ville d'AirBnB, avant d'étendre progressivement ce fonctionnement à d'autres villes de France.

Une nouvelle ligne apparaîtra donc sur le reçu des voyageurs des près de 50.000 biens locatifs présents sur la catalogue parisien d'AirBnB. D'un montant de 0,83 euros par nuit et par utilisateur, elle correspond à la taxe pour la catégorie "meublés touristiques non classés", et inclue la taxe municipale ainsi que la taxe départementale, indique AirBnB. Elle s'ajoutera au montant de la réservation payée par les voyageurs séjournant dans la capitale et sera reversée directement à la Ville de Paris.

AirBnB s'inscrit dans la loi française

La taxe de séjour s'appliquait déjà aux locations entre particuliers sur AirBnB. Jusqu'à présent, elle était prélevée par les hôtes auprès de chacun des voyageurs. À la faveur d'un décret publié par le gouvernement début août, le processus sera automatisé et les municipalités ne recevront désormais qu'un seul chèque émanant du site de réservation à la fin de l'année civile. Par cette initiative, l'entreprise valorisée 25 milliards de dollars se pose en bon élève de l'économie collaborative : elle s'engage à respecter la loi française et participe à la simplification administrative réclamée par le gouvernement.

Critiqué par le secteur de l'hôtellerie, qui lui impute une partie de la baisse de son chiffre d'affaires, et accusé de favoriser l'engorgement du marché locatif parisien, le site américain avait fait part en février de sa volonté de coopérer avec la Ville de Paris, notamment pour la collecte de la taxe. Cofondateur et PDG d'AirBnB, Brian Chesky avait alors été reçu par Bruno Julliard, premier adjoint au maire d'Anne Hidalgo. Le même mois, le Conseil de Paris avait doublé son montant et élargit l'assiette avec la création de la catégorie des "meublés non touristiques ou en attente de classement". En année pleine, cette taxe ainsi relevée devrait rapporter 80 millions d'euros.

Reste à enrayer les locations abusives

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"Nous saluons cette avancée, que nous demandions de longue date et qui vient renforcer la justice entre les différents acteurs de l'hébergement touristique", a souligné dans un communiqué Jean-François Martins, adjoint à la Maire de Paris en charge du tourisme. L'élu parisien a tout de même nuancé, demandant à Airbnb d'avancer "sur le respect des conditions de mise en location saisonnière". "Certains abus ont été constatés, comme la dissimulation de meublés touristiques en logement d'habitation", a expliqué Jean-François Martins. 

En croisade contre le business des meublés touristiques non déclarés, la mairie de Paris a lancé au printemps une opération "coup de poing" et multiplié les contrôles et poursuites judiciaires à l'encontre des propriétaires des logements qui ne constituent pas leur résidence principale et n'ont pas reçu d'autorisation pour être loués de façon saisonnière. Devant l'appât du gain, certains propriétaires profitent de la popularité de la plateforme pour louer leurs logements toute l'année et maximiser les profits. Mais AirBnB ne peut être tenu responsable. Depuis la loi Alur de mars 2014, le site n'est désormais considéré que comme un intermédiaire et est parfaitement conforme à la loi en vigueur.

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