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"Pas de risque de pénurie de carburant" : pourquoi il est inutile de se ruer dans les stations-service après les attaques en Iran

L'embrasement du Moyen-Orient ne devrait pas engendrer de pénurie de carburant, estiment des experts. Mais une hausse des prix à la pompe est à redouter si le conflit vient à durer.

Une pompe à essence (illustration)

Crédit : AFP / Philippe Huguen

Hortense Crépin

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L'embrasement au Moyen-Orient va-t-elle entraîner une pénurie de carburant ? Les experts s'attachent à tempérer les inquiétudes ces dernières heures, même si une hausse des prix à la pompe n'est pas à exclure, selon la durée du conflit. Au cœur des tensions, le détroit d’Ormuz, au sud de l’Iran. Cette étroite bande maritime de 50 kilomètres de large et 60 mètres de profondeur est stratégique : chaque jour, 20% du pétrole mondial et près d’un quart du gaz naturel liquéfié y transitent.

La plupart des pays pétroliers du Golfe empruntent ce passage pour exporter vers les États-Unis, l’Europe et surtout l’Asie. Or, sa fermeture par les Gardiens de la Révolution iraniens fait craindre un choc durable sur l’offre mondiale. Il existe très peu d’alternatives dans la région. Seuls l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d’oléoducs permettant de contourner le détroit, mais leur capacité est limitée à 2,6 millions de barils par jour, soit environ huit fois moins que le volume qui transite habituellement par Ormuz.

Dès l’ouverture des bourses asiatiques, le baril de pétrole s’est envolé à 80 dollars, en hausse de 13%. 

En France : des "stocks stratégiques" et d'autres producteurs non concernés par le blocage du détroit

Face à ces tensions, la crainte d’une pénurie d’essence en France refait surface. Mais pour Francis Pousse, président national Stations-service et Énergies nouvelles du syndicat Mobilians, il n’y a pas lieu de s’alarmer.

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"Non, il n’y a pas de risque de pénurie. Déjà en France, on a ce qu’on appelle des stocks stratégiques. 90 jours sont stockés sur le territoire français, ce qui permet de répondre à des situations d’urgence comme celle d’aujourd’hui", explique-t-il au micro de RTL.

Ces réserves correspondent à une obligation légale de l’État de conserver l’équivalent de trois mois de consommation. Par ailleurs, les approvisionnements ne devraient pas être totalement interrompus : "Les approvisionnements ne cesseront pas puisqu’il reste des producteurs habituels non concernés par ce blocage du détroit d’Ormuz, donc on continuera à être alimentés."

Le message est clair : inutile de se ruer dans les stations-service.

Vers une hausse des prix à la pompe ?

L’autre inquiétude concerne désormais les marchés financiers. La flambée du pétrole pèse déjà sur les indices asiatiques et pourrait se répercuter en Europe et aux États-Unis.

Les pays de l’OPEP - organisation des pays exportateurs de pétrole - envisagent d’augmenter leurs quotas de production pour tenter de stabiliser le marché. Autrement dit, de produire davantage de pétrole permettrait de compenser partiellement la baisse des flux transitant par Ormuz et de contenir la spéculation.

Reste la question la plus concrète pour les Français : les prix à la pompe vont-ils grimper ? La réponse semble quasi certaine, même si l’impact ne sera pas immédiat.

Sur les marchés, on estime généralement qu’une hausse d’un dollar du baril américain entraîne une augmentation moyenne de 0,7 centime par litre d’essence. Actuellement autour de 1,70 euro le litre pour le sans-plomb, le prix pourrait dépasser la barre symbolique des deux euros si le conflit s’installe dans la durée. Ce serait une première depuis quatre ans, depuis le début de la guerre en Ukraine.

Toutefois, l’augmentation ne se fera pas du jour au lendemain. Se précipiter dans les stations-service ne sert donc à rien à ce stade.

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