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"Téhéran impose son rythme" : où en sont les négociations après les échanges de frappes entre l'Iran et les États-Unis ?

Les négociations entre Washington et Téhéran restent bloquées. L’Iran conditionne toute reprise des pourparlers à un cessez-le-feu au Liban, tandis que Donald Trump presse pour un accord rapide, sur fond de tensions avec Benyamin Netanyahou.

Les négociations entre Washington et Téhéran sont au point mort.

Crédit : AFP

Où en sont vraiment les négociations entre l'Iran et les USA ?

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Où en sont vraiment les négociations entre l'Iran et les USA ?

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Bénédicte Tassart & AFP - édité par Alexian Giron

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Personne n'y comprend plus rien. Les négociations de paix entre Washington et Téhéran sont au point mort. L'Iran impose son rythme. Tout est suspendu à une condition posée par Téhéran : le cessez-le-feu au Liban doit faire partie de l'accord. Il faut donc que l'armée israélienne cesse son offensive dans le sud du Liban contre le Hezbollah. Si cela est accepté, alors l'Iran reprendra les pourparlers avec Washington. 


Sur le terrain, les échanges de frappes se poursuivent. L'armée américaine a affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne.

L'Iran rejette la responsabilité des ripostes sur les États-Unis

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République d'Iran, ont rejeté la responsabilité sur les États-Unis, disant avoir agi en représailles à deux attaques distinctes. Le premier incident concerne "un pétrolier iranien", touché "par un missile" américain près du détroit d'Ormuz. L'Iran affirme avoir riposté en visant un navire, le Panaya, lié à Israël et aux États-Unis selon les Gardiens.

Le deuxième incident concerne une frappe sur l'île iranienne de Qeshm, située dans le Golfe, visant une tour de télécommunication. "En réponse à cette agression", Téhéran a attaqué un pays de la région, non mentionné, ainsi que le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn, d'après la même source.

Donald Trump veut signer la paix avant la Coupe du monde de foot

Malgré ces tensions, les Iraniens et les Américains continuent de communiquer ensemble, affirmait encore Donald Trump le mardi 2 juin 2026. Mais ce ne sont pas des négociations à proprement parler. C'est pour ça que le locataire de la Maison Blanche perd son sang-froid face à Benyamin Netanyahou, le traitant de "complètement fou" au cours d'une conversation téléphonique relayée par les médias américains, dont Axios.

Le milliardaire a confirmé mercredi avoir eu un échange musclé avec le Premier ministre israélien, affirmant dans une interview au New York Post être mécontent de la politique israélienne au Liban. "Je ne dirais pas que j'étais vraiment en colère. J'étais un peu perturbé par le fait qu'il se batte sans arrêt avec le Liban. A un moment, j'ai dit : "Bibi, il faut qu'on arrête ça", a-t-il déclaré, utilisant le surnom de Benjamin Netanyahou.

De son côté, Donald Trump veut signer la paix avant la Coupe du monde de football, et avant les 250 ans de l'indépendance des États-Unis le 4 juillet prochain. 

Téhéran refuse toujours de céder sur le nucléaire

L'offensive israélienne au Liban retarde son plan de paix. Il y a trois remarques importantes à retenir. D'abord, les Iraniens sont bien à la manœuvre. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio reconnaît que le Guide suprême Mojtaba Hosseini Khamenei, successeur de son père Ali Khamenei, est en vie et donne ses directives. Le régime iranien a donc survécu. 

Deuxièmement, rien ne dit que les États-Unis vont réussir à récupérer le nucléaire iranien. Téhéran refuse de céder sur ce point, qui est pourtant à l'origine de cette guerre. 

Enfin, Donald Trump va-t-il complètement lâcher Benyamin Netanyahou ? La fébrilité du président américain est un indice. Mais pendant ce temps, et depuis désormais trois mois, le détroit d'Ormuz est toujours fermé. 

Le président américain "aimerait rencontrer" le Guide suprême iranien

Le président américain a déclaré ce mercredi 3 juin 2026 qu'il "aimerait rencontrer" Mojtaba Khamenei, considérant dans une interview au site du New York Post que le Guide suprême iranien était réellement "impliqué" dans les décisions de Téhéran. "J'aimerais le rencontrer. J'adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va se passer", a-t-il ajouté alors que les États-Unis et l'Iran s'accusent mutuellement de violer un cessez-le-feu toujours plus fragile. 

Les Iraniens "ont beaucoup de respect pour lui", a ajouté le président. Le nouveau guide n'est toujours pas apparu publiquement en Iran depuis sa nomination consécutive à la mort de son père, dans des bombardements américano-israéliens fin février.

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