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"On ne peut pas garder la face si on sent qu'on pue" : les Français se privent de plus en plus et c’est l’hygiène qui trinque

Selon un sondage Ifop pour l'association Dons Solidaires, près de 4 millions de Français renoncent aujourd'hui à des produits d'hygiène essentiels faute de moyens.

Une brosse à dent avec du dentifrice (Illustration)

Crédit : AFP / Archives, Saul Loeb

Diane Berger - édité par Juliette Vignaud

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La précarité hygiénique gagne du terrain en France. Quatre millions de Français renoncent à acheter des produits d'hygiène du quotidien, faute de moyens, rapporte un baromètre Ifop pour l'association Dons Solidaires publié ce jeudi 16 avril. Ce chiffre est en hausse de 30% depuis 2019. 

Selon ce sondage, 60% des familles monoparentales déclarent restreindre l'achat de produits d'hygiène pour des raisons budgétaires, contre 43% des Français dans l'ensemble. Les travailleurs pauvres sont fortement exposés à la précarité hygiénique. Un sur deux se dit angoissé par ses dépenses et 42% ont déjà dû arbitrer entre l'achat de nourriture et celui de produits hygiéniques. 

Dans une épicerie solidaire de Saint-Ouen, en région parisienne, les bénéficiaires défilent à la caisse. Dans cet établissement, ils peuvent acheter des produits alimentaires et d'hygiène à prix cassé. Le panier d'une mère de famille est rempli de flacons de savons et de tubes de dentifrice. "Les produits d'hygiène sont très importants pour moi que ça devient très cher, et même inaccessible dans les magasins", dit-elle au micro de RTL. 

Et de confier : "Je travaille mais mon salaire ne suffit pas." 

"Petite retraite = dans le besoin"

Des courses de plus en plus dures à payer, malgré un salaire, c'est aussi le constat de Roger, artisan à la retraite. "On se retrouve avec même pas 1.000 euros de retraite... Petite retraite égal dans le besoin", dit-il. Dans son caddie, les produits de toilette se mélangent aux fruits et légumes, aux pâtes et au chocolat.

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C'est indispensable pour la dignité de ces personnes précaires, explique Emmanuelle, à la caisse de l'épicerie associative. "On peut toujours garder la face en ayant le ventre vide, mais on ne peut pas garder la face si on sent qu'on pue. C'est pour ça que c'est très important", affirme-t-elle. 

Quand l'accès à ces produits manque, les conséquences se font également sentir sur la vie sociale. 46% des personnes concernées disent perdre confiance en elles et un tiers se terrent chez elles.  

Ces privations risquent de perdurer si l'inflation continue d'accélérer. En un mois seulement, les prix ont augmenté d'1% en mars en raison de la guerre au Moyen-Orient.

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