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Mauvaise pour la santé, énergivore ou polluante ? Le vrai du faux sur la climatisation

La climatisation soulève de nombreuses questions sur ses effets sur la santé, sa consommation d’énergie et son impact environnemental. Entre risques réels, mauvais usages et croyances persistantes, voici les points essentiels à retenir en période de forte chaleur.

Un bloc de climatiseur (image d'illustration)

Crédit : SAM PANTHAKY / AFP

Demain tous climatisés ? La Clim est elle la solution ou va-t-elle aggraver la situation ?

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La rédaction numérique de RTL

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La France n’avait encore jamais connu un mois de juin aussi chaud. Lundi 22 puis mardi 23 juin, deux records successifs de température moyenne nationale ont été battus, sur fond de canicule aux allures historiques.

Dans ce contexte de vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, la climatisation prend une place croissante dans le débat public. Solution de confort pour les uns, fausse bonne idée pour les autres, en France, la climatisation a mauvaise presse. 

D'après un sondage Ipsos publié en juin, 78 % des Français ne considèrent pas la clim respectueuse de l'environnement. Une étude OpinionWay de 2021 précise même que 58% des Français préfèrent souffrir de la chaleur plutôt que d'installer un climatiseur trop énergivore.

RTL démêle le vrai du faux sur les idées reçues et les croyances erronées autour de la climatisation.

1. "La climatisation est mauvaise pour la santé" : pas forcément, à condition de bien l’utiliser

C’est sans doute l’idée reçue la plus répandue. Air trop sec, microbes, choc thermique : la climatisation traîne une mauvaise réputation. Pour l'ingénieur prévisionniste Louis Bodin, le risque ne vient pas de la climatisation en elle-même, mais surtout de son usage et de son entretien. Il insiste sur la nécessité d’avoir des équipements bien entretenus, nettoyés, et utilisés de manière raisonnable. 

"Je crois qu'il faut que les technologies soient abouties, progressent encore pour qu'il y ait le moins de transports (de bactéries et de microbes) possibles, que ça soit nettoyé", explique-t-il sur RTL. 

Une climatisation mal réglée ou mal entretenue peut en effet poser problème. Mais une installation correctement utilisée n’est pas, en soi, dangereuse pour la santé. Les climatisations modernes possèdent des filtres efficaces contre le pollen, les bactéries ou encore les virus. Mais ces filtres doivent être remplacés tous les 4 à 6 mois, notamment s'il s'agit d'une climatisation réversible. 

2. "La climatisation pollue" : oui, mais pas pour les raisons qu’on croit

La climatisation fonctionne grâce à un système thermodynamique. Pour refroidir l'intérieur, elle est dans l'obligation de rejeter de l'air chaud ce qui participe aux îlots de chaleur notamment, mais ce n'est pas ce qui pèse le plus sur le climat à grande échelle. 
Selon Audrey Zermati, directrice stratégique du groupe EFI, entreprise spécialisée dans la rénovation énergétique, le principal enjeu environnemental vient surtout des fluides frigorigènes contenus dans les appareils. Ce sont eux qui permettent de refroidir l’air. 

"On considère qu'à peu près aujourd'hui, les climatisations dans le monde, c'est 5% des émissions de gaz à effet de serre" en cas de fuite de ces fluides, assure-t-elle sur RTL. 
La bonne nouvelle c'est que ces fluides sont dans le viseur de l'Union européenne. "La réglementation européenne les interdit quand ils ont un gros pouvoir sur le changement climatique en 2030". Les climatisations "pourront être plus propres". ajoute Audrey Zermatti. 

3. "La climatisation aggrave les îlots de chaleur" : oui, localement

La climatisation peut contribuer à aggraver les îlots de chaleur urbains. Un climatiseur améliore le confort thermique intérieur en transférant la chaleur vers l'extérieur. Lorsque de nombreux appareils fonctionnent simultanément, notamment pendant les vagues de chaleur, cette chaleur rejetée s'ajoute à celle déjà stockée par les matériaux urbains (béton, asphalte) et peut augmenter la température de l'air dans les rues, en particulier la nuit. 

Des travaux de modélisation montrent ainsi que les rejets thermiques des climatiseurs peuvent accroître localement la température de l'air de quelques dixièmes de degré jusqu'à environ 1 à 2 °C dans certains scénarios de forte diffusion de la climatisation. 

Louis Bodin souligne aussi qu’à l’avenir, cette chaleur rejetée pourrait être mieux valorisée. "Il y a maintenant des projets pour qu'à l'échelle d'une ville, d'une industrie, d'un hôtel, d'un grand bâtiment, on puisse utiliser cette chaleur à d'autres applications, de l'eau chaude ou d'autres systèmes. Donc là, on optimise complètement", assure-t-il. 

4. "La climatisation consomme beaucoup" : cela dépend du type d’appareil

La consommation d'un climatiseur dépend fortement de nombreux facteurs : la performance de l'appareil, la qualité de l'isolation du bâtiment, le climat local, les températures de consigne et la durée d'utilisation. À l'échelle d'un logement individuel, un climatiseur moderne utilisé de manière raisonnable ne représente pas nécessairement une consommation électrique excessive. 

En France, l'ADEME estime ainsi qu'un climatiseur fixe consomme en moyenne environ 300 kWh par an, même si cette valeur peut être nettement plus élevée dans les régions les plus chaudes ou en cas d'usage intensif.

"L'avantage que l'on a en France, c'est que pour l'essentiel, l'énergie que nous allons utiliser pour alimenter ces climatiseurs, elle est décarbonée. Donc ça, ça nous aide. C'est l'énergie nucléaire pour l'essentiel ou solaire en ce moment. Et ça nous permet effectivement d'avoir de ce côté-là un bilan qui est plus favorable", explique Louis Bodin. 

5. "Régler plus fort la climatisation va accélérer le refroidissement" : c'est faux

L'idée selon laquelle régler la climatisation sur une température très basse permet de refroidir une pièce plus rapidement est largement répandue, mais elle est fausse pour la plupart des systèmes de climatisation domestiques. Les climatiseurs fonctionnent généralement à puissance quasi constante : ils produisent du froid jusqu'à ce que la température de consigne soit atteinte, puis réduisent ou arrêtent leur fonctionnement. 

Régler la consigne à 18 °C plutôt qu'à 24 °C n'augmente donc pas la vitesse de refroidissement, cela conduit simplement l'appareil à fonctionner plus longtemps et à atteindre une température finale plus basse.

Certains climatiseurs récents, équipés de technologies dites "inverter", sont capables de moduler leur puissance en fonction des besoins. Ils peuvent fonctionner temporairement à une puissance élevée lorsqu'un écart important existe entre la température intérieure et la consigne. Néanmoins, même dans ce cas, fixer une température très basse n'accélère généralement pas le refroidissement au-delà des capacités maximales de l'appareil : celui-ci fonctionne déjà à sa puissance maximale tant que la pièce est bien plus chaude que la température souhaitée. 

La vitesse de refroidissement dépend avant tout de la puissance frigorifique du climatiseur, du volume de la pièce, de son isolation et des apports de chaleur extérieurs.

6. "La température idéale est 19°C" : c'est faux

Les agences de l'énergie et les autorités sanitaires préconisent généralement de maintenir une température de consigne autour de 25 à 26 °C en période estivale, afin de concilier confort, sobriété énergétique et santé. Une température de consigne trop basse comme 19°C n'apporte généralement pas de bénéfices supplémentaires en matière de confort.

Au contraire, un écart trop important avec la température extérieure peut provoquer une sensation d'inconfort lors des entrées et sorties du bâtiment, favoriser les chocs thermiques chez les personnes sensibles et augmenter le risque de symptômes tels que sécheresse des muqueuses, irritation des yeux ou gêne respiratoire. Enedis recommande de limiter l'écart entre la temperature intérieure et extérieure entre 5 et 8°C lors des épisodes de forte chaleur. 

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