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"Lidl organise la cohue pour son profit" : stocks limités, absence d'information... L'enseigne est-elle responsable du chaos observé lors de sa vente de climatiseurs ?

L'enseigne discount promettait la mise en rayon de 200.000 ventilateurs et climatiseurs ce jeudi 2 juillet, à l'aune d'un nouvel épisode de chaleur. Une opération commerciale qui s'est soldée par des scènes de chaos dans plusieurs magasins. "L'attente des clients ne découle pas de notre communication", se défend Lidl sur RTL.

Juliette Vignaud & Sacha Dubesset & Nathalie Michet

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L'engouement était prévisible. Des centaines de personnes se sont ruées chez Lidl, ce jeudi 2 juillet, pour espérer obtenir l'un des 200.000 climatiseurs ou ventilateurs mis en vente par l'enseigne discount. L'opération commerciale, relayée par plusieurs médias nationaux ce mercredi, intervient entre deux épisodes de canicule très intenses et rapprochés et alors même que les chaleurs vont faire leur retour en France ce week-end.

Cette vente de climatiseurs à prix cassés a attiré des centaines de clients avant même l'ouverture des magasins, parfois dès la nuit. Des files d'attente se sont créées devant une dizaine de boutiques, où des altercations et bousculades ont éclaté entre des clients. 

Selon nos informations, de nombreux Lidl d’Île-de-France ont été touchés par des débordements. À Paris, des bagarres ont éclaté entre clients et des grenades lacrymogènes ont été utilisées. Dans les Hauts-de-Seine, des devantures ont été dégradées, avec des vitres et des téléviseurs brisés. Certains magasins, comme à Valenton dans le Val-de-Marne, ont dû fermer. Des chauffeurs qui livraient l'enseigne la nuit ont été pris à partie par des clients qui campaient devant des magasins.

À Nanterre (Hauts-de-Seine), la porte a été endommagée sous la pression de la cohue. Et l'offre était loin d'être à la hauteur de la demande. En rayon, seuls seize appareils étaient disponibles pour des centaines de clients. "Ils se battaient, se tiraient les cheveux. C’était le désarroi total", raconte l'une d'elle à RTL. Dans le 19e arrondissement de Paris, au nord de la capitale, près de 200 personnes attendaient d'obtenir le précieux sésame. Mais en magasin,  seuls deux climatiseurs étaient disponibles à la vente.

LFI dénonce une "pure méthode capitaliste"

Des images de ces scènes de chaos ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux, racontant pour la majorité la déception des clients après des heures d'attente et faisant état d'un stock insuffisant par rapport à l'affluence. "On n'est pas venu chercher du poulet, c'est une question de survie", a regretté l'une d'elle auprès d'un responsable Lidl,  avant l'intervention de la police. Remontés contre Lidl, des clients estiment, auprès de l'AFP, avoir été "traités comme des bêtes". 

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L'affaire a rapidement pris une tournure politique. Sur son compte X, le député insoumise Antoine Léaument a accusé "l'enseigne [d']organise[r] la cohue pour son profit" : "battage publicitaire en amont et stocks dérisoires pour provoquer la ruée et l'intervention des pouvoirs publics." Pour le député de l'Essonne, cette opération commerciale représente une "pure méthode capitaliste".

Le député Renaissance Karl Olive critique lui aussi la gestion de l’opération. "Personne ne conteste qu’un produit puisse être victime de son succès. En revanche, ce qui est difficilement acceptable, c’est l’absence d’information claire sur les stocks réellement disponibles selon les magasins. Des centaines de consommateurs se sont déplacés, ont attendu pendant plus de deux heures pour certains, avant de repartir sans la moindre explication", a regretté l'ancien maire de Poissy (Yvelines) sur X. Il déplore une "occasion manquée" et une pratique commerciale qui pourrait être qualifiée de "trompeuse".

"Personne ne pouvait prédire, en juillet dernier, que nous aurons une canicule si rapide", se défend Lidl

Dans un communiqué transmis à RTL, Lidl France déplore ces incidents et assure être aux côtés de ses salariés, qui ont dû faire face à des tensions dans un contexte parfois difficile. L'enseigne de discount allemande explique aussi que le calendrier de commercialisation de ces produits n’a pas été modifié par la canicule : ils sont commandés un an à l’avance et mis en rayon le jeudi, à un tarif inchangé. 

"On est les premiers à déplorer ce qui s'est passé", renchérit Anouck Paumard, directrice des affaires commerciales, invitée de RTL soir ce jeudi 2 juillet, parlant "des incidents dans une dizaine de magasins sur 1.600". "Personne ne pouvait prédire, en juillet dernier, que nous aurons une canicule si rapide en juin et que nous serions confrontés à cette demande", ajoute-t-elle. Avant de défendre l'enseigne : "On n'a pas communiqué plus que les autres produits. Ces deux produits étaient dans le prospectus parmi 200 autres produits."

À écouter

Vente de climatiseurs qui vire au chaos chez Lidl : la numéro 2 de l'enseigne souligne "des attentes des clients qui ne découlent pas de notre communication"

00:08:55

"Il y a une attente pour ces produits [...] Il faut faire attention aux attentes des clients qui ne découlent pas de notre communication", répète-t-elle, disant que "c'étaient des produits qui étaient recherchés à ce moment-là".

La veille, la communication du groupe était néanmoins sans équivoque. Sur X, une publication de Lidl faisait le teasing de son opération avec une vidéo d'une scène de guerre issue de la série Games of Thrones.

Des précédents lors de ventes flash

L'enseigne discount est coutumière des opérations commerciales à bas coût d'objets du quotidien qui s'arrachent. Des scènes de cohue ont déjà ponctué les ventes éphémères de son robot cuisine ("Monsieur Cuisine Connect), produit par la marque SilverCrest, l'un des concurrents les plus sérieux du célèbre "Thermomix" de Vorwerk mais largement moins cher. Le robot Lidl était à moins de 360 euros contre environ 1.300 euros pour son rival. À l'époque, l'entreprise avait présenté ses "excuses" aux clients, disant "regretter la situation".

Une promotion sur la PlayStation 4 avait aussi provoqué des bousculades et l'intervention des forces de l'ordre à Orgeval (Yvelines) en 2020. Habituellement vendue autour de 250 à 300 euros sur le marché des consoles de jeux vidéo, celle de Sony était proposée par Lidl au prix de 95 euros. 

Une promotion choc qui avait fuité sur les réseaux sociaux, sans l'accord de Lidl. Selon l'intéressé, "une photo prise à titre privé annonçant la vente de PS4 à Orgeval avait été malencontreusement relayée de façon très virale". La promo qui a viré au fiasco avait alors été annulée. Cette fois, pour les climatiseurs, la rupture de stock a mis fin d'elle-même à l'opération.

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