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Gel des pensions de retraite des plus riches : un pari risqué mais obligatoire pour le gouvernement Lecornu ?

Le gouvernement va-t-il se décider à toucher aux retraites des Français les plus aisés pour faire des économies ? La piste du gel de l'indice des pensions pour les revenus les plus hauts est en tout cas lancée par le ministre de l’Économie Roland Lescure.

Les personnes pourront bénéficier de la retraite progressive dès 60 ans (photo d'illustration).

Crédit : Pexels SHVETS production

L'angle éco de François Lenglet du 17 août 2026

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Mathilde Piqué

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C'est l'une des petites bombes politiques de l'été. Geler les retraites des plus aisés et ne pas les indexer sur l’inflation : la semaine dernière, le ministre de l’Économie Roland Lescure a évoqué cette piste en vue du budget 2027 avec pour objectif de réaliser des économies.

Le gouvernement prépare donc déjà le terrain pour des débats budgétaires qui s'annoncent explosifs. Et pour cela le locataire de Bercy hausse le ton en rappelant que le pouvoir d’achat des retraités a été préservé depuis 2020. 

Alors concrètement, pour permettre à l'État de sauver quelques deniers, le gouvernement veut déroger à un principe inscrit dans la loi, celui de l'indexation. Chaque année, les pensions sont revalorisées pour suivre l’inflation. Les revenus des retraités augmentent donc autant que les prix en supermarchés. 

Si l’an prochain, les pensions les plus élevées seraient tout simplement gelées, les retraités les plus modestes seraient quant à eux épargnés. Et entre les deux, les pensions moyennes pourraient être indexées partiellement sur l’inflation. Il reste encore une question épineuse, afin de savoir à partir de quand est-on considéré comme un retraité aisé. Selon le ministre du Pouvoir d'achat, Serge Papin, une pension de 3.000 euros mensuels suffit à être considéré comme faisant partie du haut du panier.

Un gel qui vaut des milliards, mais qui peut faire tomber des gouvernements

En 2027, l’indexation totale des retraites coûtera à la France un total de six milliards d’euros. Alors geler certaines pensions rapportera, à coup sûr, un petit pactole. Des milliards bienvenus, nécessaires même pour notre système de retraites déficitaire de cinq milliards d’euros l’an dernier, selon le Conseil d’orientation des retraites. Si rien n’est fait, sa situation s’aggravera nettement d’ici 2070. 

Si le gel de l'indexation des retraites peut donc aider le pays, il peut aussi coûter cher aux gouvernements qui portent le projet. Lors du dernier quinquennat, deux Premiers ministres en ont fait les frais. 

En 2024, Michel Barnier veut ainsi geler les pensions de retraite pour six mois. En 2025, François Bayrou pour une année entière. À chaque fois, c’est un tollé général dans la classe politique, qui se place en grande défenseuse du pouvoir d’achat des retraités. Le Premier ministre en poste est donc contraint de quitter Matignon. Alors l’an dernier, quand Sébastien Lecornu prend la suite de François Bayrou, il finit par renoncer au gel des pensions de retraite, quitte à revoir à la baisse le montant des économies prévues dans le budget et accepter un déficit plus important. 

Un enjeu majeur de la prochaine Présidentielle

Inévitablement, les conséquences électorales de tels projets poussent les chefs de gouvernement à réfléchir à deux fois avant de se lancer dans l'aventure. Geler les pensions rapporte des milliards d’euros, mais peut aussi faire perdre des millions de voix.

Car si les plus de 65 ans représentent plus d’un quart des électeurs, ce sont aussi ceux qui participent le plus. Lors des législatives de 2022, ils étaient 60% à voter au second tour, contre seulement 30% des moins de 30 ans.

Pour autant, les candidats à l’élection présidentielle vont bien devoir trouver une solution pour équilibrer le système de retraites. C'est un impératif pour sauver nos caisses de retraite de la banqueroute. 

Notre système aujourd’hui des difficultés que l’on ne peut pas ignorer, entre la baisse de la fécondité et le vieillissement de la population. Il y a de moins en moins d’actifs pour financer toujours plus de retraites. Face à ce calcul sans équivoque, il faut donc agir et choisir entre ces trois leviers : baisser le niveau des pensions, augmenter les cotisations retraite ou relever l’âge légal de départ.

Alors que la pension moyenne s’élève à 1 800 euros bruts par mois, l'effort ne peut pas peser uniquement sur les retraités. Chacun, que l’on soit actif, employeur ou retraité, doit contribuer car partager l’effort c’est le rendre plus soutenable pour tous. L’élection présidentielle se jouera, entre autres, sur ce débat.

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