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Les voitures électriques vont révolutionner le marché, aux dépens des constructeurs

ÉDITO - La voiture électrique, un marché à 200 milliards d'ici 2040, est en pleine expansion. Mais ce ne sont pas les constructeurs qui en bénéficieront le plus.

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Les voitures électriques vont révolutionner le marché, aux dépens des constructeurs Crédit Image : M.ASTAR/SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Eco and You - Martial You
Martial You édité par Paul Turban

On connaîtra le 1er janvier 2020 le nombre d'immatriculations de voitures neuves en 2019. On sera au dessus de deux millions de véhicules vendus, ce qui est correct. Mais côté véhicules électriques, difficile de dire si les chiffres décollent ou non. Les ventes progressent en moyenne de 50 % d'une année sur l'autre, donc c'est beaucoup. 

Mais si on regarde les chiffres, cela reste confidentiel : 40.000 voitures électriques vendues cette année, moins de 2 % du parc, avec un modèle qui représente quasiment une vente sur 2, la Renault Zoé. 

On voit que le deuxième modèle le plus vendu en France est une voiture Tesla qui coûte entre 60.000 et 70.000 euros, on sent que le marché n'est pas encore tout-à-fait mûr. Il y a 200.000 véhicules rechargeables en circulation en France. Le gouvernement espère en voir rouler un million d'ici 2022. Clairement, cet objectif-là est très ambitieux. 

L'Europe a du mal à trouver sa place

Martial You, à propos du marché de l'automobile électrique.
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L'Europe va lancer sa première usine de batteries, implantée en France, à Nersac (Nouvelle-Aquitaine). C'est le fameux Airbus de la batterie. L'Europe se réveille, mais ne serait-ce pas trop tard ? L'industrie automobile est darwinienne : seul les plus forts vont survivre

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L'Europe compte de nombreux constructeurs automobiles, sans doute trop d'ailleurs. Ces constructeurs ont une histoire et une personnalité très nationales : Peugeot, Renault, Mercredes, Volkswager, BMW, Fiat... Ce sont des emblèmes patriotiques qui ont rendu les coopérations européennes difficiles. 

Le marché de la voiture de demain est séparé entre deux mondes, où l'Europe a du mal à trouver sa place. 80 % viennent d'Asie (Chine, Corée et Japon) et la plupart des logiciels embarqués pour la voiture autonome de demain viennent des États-Unis. 

L'Airbus de la batterie va-t-il décoller ?

L'Airbus de la batterie pourrait-il alors sauver la filière automobile européenne ? Le match n'est pas gagné. La filière automobile française s'inquiète et traîne des pieds, car elle a peur de perdre entre 15.000 et 18.000 emplois dans les prochains mois à cause de la montée en puissance des véhicules électriques. 

Au cours des 30 dernières années, les grands constructeurs européens ont été concurrencés par les pays à faible coût de main-d'oeuvre pour fabriquer des voitures : Roumanie, République tchèque, Maghreb, Turquie, Chine, Inde... Mais les constructeurs étaient encore propriétaires de leurs usines dans ces pays.

Aujourd'hui, les grands constructeurs sont en train de perdre ce qui a de la valeur dans la voiture de demain, à savoir l'informatique et le carburant électrique. L'avenir de la voiture ne sera sans doute pas dans les mains des constructeurs de voitures eux-mêmes et cela va tout changer. 

Énergéticiens, villes et banques grands gagnants

Les acteurs du monde de la voiture électrique ne viendront pas du monde de la voiture classique. C'est ce qui a de plus intéressant dans le phénomène du véhicule électrique. Une étude du cabinet Accentur estime à 200 milliards d'euros le marché d'ici 2040 en France. Mais les gagnants ne seront pas les constructeurs automobiles. 

Les premiers qui vont investir et capter du chiffre d'affaires derrière, ce sont les énergéticiens, et notamment les pétroliers, EDF, Engie, Enedis mais aussi Total, parce qu'ils vont fournir les infrastructures pour recharger les batteries. 

Les constructeurs signent des partenariats

Martial You
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Ensuite, ce sont les villes qui vont gérer les places de stationnement avec batterie de recharge et qui feront payer le stationnement et la recharge. Paris par exemple est restée propriétaire des anciennes bornes Autolib. Dans la même logique, les gestionnaires de parking vont pouvoir commercialiser la recharge. Enfin, les organismes de crédit, les banques, vont en profiter car le modèle repose sur la location de la voiture et de la batterie. 
Résultat les constructeurs signent des partenariats avec des énergéticiens pour offrir des services de mobilité aux particuliers et non une voiture. Mais si on se souvient bien, dans les années soixante-dix, Renault avait déjà signé des partenariats commerciaux avec Elfe et Citroën avec Total. 

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