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Des clients font la queue devant une boutique Swatch, dans le cadre d'une campagne promotionnelle pour ses montres Royal Pop, en collaboration avec Audemars Piguet, à Paris, le 16 mai 2026
Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
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Échauffourées, interventions policières, violence et fermetures inopinées de boutiques: une opération de vente d'une collection spéciale de montres Swatch créées en collaboration avec l'horloger de luxe Audemars Piguet a tourné au chaos samedi 16 mai en France et en Europe. La vente de montres "Royal Pop" issues de la collaboration entre les deux groupes suisses a attiré les foules : de longues queues de plusieurs centaines de personnes se sont formées dans la nuit dans de nombreuses villes, et des tensions ont émergé, la sécurité des magasins se trouvant débordée.
Selon une source policière, quelque 300 personnes venues avant l'ouverture du magasin Swatch du centre commercial Westfield Parly 2, en région parisienne, pour la vente des montres "Royal Pop", ont été dispersées par la police à l'aide de gaz lacrymogène samedi. Un rideau métallique et deux portiques de sécurité ont été endommagés, et des policiers et agents de sécurité ont été pris à partie, selon cette source.
La vente a été annulée sans communication de date de report de l'opération, "le dispositif de sécurité ayant été sous-évalué par les organisateurs", selon la même source. Swatch, joint par l'AFP, s'est refusé à tout commentaire. Sur son compte Instagram, Swatch France indique simplement qu'en raison de "considérations de sécurité publique", ses magasins de Parly 2, Lyon, Deauville, Rennes, Lille, Saint-Tropez et Montpellier sont restés fermés ce samedi.
À Lille, une foule de 500 clients débordait sur la route, a pu constater RTL. La police municipale a dû intervenir pour essayer de créer une file d'attente mais chacun voulait être le plus près possible. C'est à ce moment que les bousculades ont commencé.
"Les gens n'ont pas réussi à se contenir. Les gens ont commencé à crier. Juste les gens, ils n'avaient pas envie de bouger parce qu'ils se disaient 'ouais, je vais perdre ma place'", témoigne une personne sur place au micro de RTL. Un autre ajoute : "Tous ceux qui étaient derrière en 300, 400e place, tout le monde a couru. Ça aurait pu finir avec tout péter là."
Certains en ont profité pour échanger leur place à des prix très élevés car une liste d'attente avait été établie. Mais finalement, elle n'a pas été respectée. "J'ai payé 200 euros ma place pour prendre la place de quelqu'un qui était 20 places au-dessus de moi. Je pense qu'on était victime d'une escroquerie. Les personnes de Swatch nous ont dit qu'il n'y avait pas de liste qui avait été émise. C'est ça qui a aussi créé un peu le mouvement de foule" explique une personne qui comptait revendre la montre plus chère.
"Au moins quatre" personnes ont indiqué aux équipes municipales qu'elles allaient porter plainte, disant avoir "subi des coups de poing dans la file d'attente" samedi, a assuré à l'AFP Maroin Al Dandachi, adjoint au maire en charge du Vieux-Lille. La ville de Lille a annoncé un dépôt de plainte contre Swatch pour "entrave à la circulation sur la voie publique".
À Lyon, 250 personnes ont été dispersées sans incident samedi en raison d'une trop grande affluence, selon une source policière. A Marseille, la police est intervenue devant la boutique Swatch a la mi-journée pour faire partir les clients qui faisaient la queue. Même scénario à Bordeaux, où la police a dû intervenir pour disperser les clients encore présents dans la rue après la rupture des stocks de montres Royal Pop.
L'opération, très suivie, propose à la vente des montres issues d'une collaboration entre les horlogers suisses Swatch et Audemars Piguet. La montre Royal Pop - vendue 400 euros environ selon le modèle - s'inspire à la fois de la montre Pop de Swatch et de la Royal Oak d'Audemars Piguet, qui peut, elle, atteindre des dizaines de milliers d'euros. En France, les montres Royal Pop sont proposées dans 18 boutiques, à raison d'une montre par personne, par jour et par magasin. Le groupe n'a pas communiqué sur les stocks disponibles ni sur la durée de la vente.
L'opération a également mal tourné à Milan, où une bagarre a éclaté devant un magasin Swatch à l'ouverture samedi, selon des images diffusées par les médias, avec aussi des tensions devant une autre boutique milanaise de la marque suisse quand les vendeurs ont annoncé que le stock était épuisé.
Au Royaume-Uni aussi, par souci de "sécurité" pour ses clients et employés, le groupe suisse a fermé pour la journée toutes ses boutiques de Londres, Liverpool, Manchester, Birmingham, Sheffield, Glasgow et Cardiff.
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